Fessenheim : le premier réacteur de la centrale nucléaire sera arrêté samedi

Le décret signé par le gouvernement confirme l'arrêt total et définitif des réacteurs de la centrale nucléaire avant fin juin 2020. Le deuxième réacteur sera arrêté le 30 juin.

 

C’est la première étape d’un long chemin vers son démantèlement. Après des années de débats, le décret paru mercredi 19 février au Journal officiel signe l’arrêt définitif des réacteurs de la centrale nucléaire de Fessenheim avant fin juin 2020. Le premier réacteur de la centrale sera arrêté samedi 22 février à 22h30.

Il s’agit d’une «première étape dans la stratégie énergétique de la France qui vise un rééquilibrage progressif entre l’électricité d’origine nucléaire et l’électricité d’origine renouvelable tout en poursuivant la baisse des émissions de gaz à effet de serre issues de la production d’électricité grâce à la fermeture des centrales à charbon d’ici 2020», a salué Matignon dans un communiqué. Le 30 juin, le deuxième réacteur sera mis à l’arrêt tandis que l’évacuation des combustibles usés interviendra d’ici à l’été 2023. Le démantèlement effectif durera jusqu’à 2040 au plus tôt.

Le maire de Fessenheim Claude Brender a regretté sur franceinfo «avoir perdu un combat», en réaction à la décision de l’arrêt de la centrale nucléaire. «C’est la colère qui prédomine par rapport à l’injustice de cette fermeture et à l’impréparation de celle-ci», a t‑il ajouté. Enfin, il a énuméré «les problèmes qui arrivent» et auxquels la commune sera confrontée. Parmi eux: la perte de «plus de 1000 emplois indirects sur le site, 2200 emplois avec les induits et les indirects qui seront supprimés avec la fermeture de Fessenheim», mais aussi «la souffrance des commerces».

Hollande avait promis sa fermeture dès 2011

La doyenne des centrales françaises en activité aura connu six présidents de la République, de Valéry Giscard d’Estaing à Emmanuel Macron, en passant par François Hollande. En 2011, c’est d’ailleurs ce dernier qui scelle son sort en promettant sa fermeture dès 2011, avant le 31 décembre 2016. Une promesse électorale non tenue, puisque la centrale a été par la suite liée à la mise en service de l’EPR de Flamanville et repoussée à 2018. C’est finalement Emmanuel Macron qui a annoncé son arrêt définitif pour 2020.

«Plus de 2000 emplois» pourraient être menacés

Bâtie à la frontière entre la France et l’Allemagne, près de la Suisse, la centrale française est devenue le symbole des dangers de l’atome pour les anti-nucléaire des trois pays. En cause : l’exposition aux risques sismiques et aux inondations, mais aussi, son ancienneté. La centrale vieille de 43 ans a fait l’objet de nombreuses manifestations d’opposants, particulièrement ciblée par les ONG et les écologistes.

Le député LR du Haut-Rhin Raphaël Schellenberger, président d’une mission d’information sur le suivi de la fermeture du site, a cependant estimé mardi que l’État n’était « pas au rendez-vous » et a alerté sur « les conséquences pour le territoire ». Il a notamment pointé la suppression de «plus de 2000 emplois» directs ou indirects.