Municipales à Paris : Agnès Buzyn regrette le « rapport de force » posé par Cédric Villani

La nouvelle candidate LREM à la mairie de Paris estime que les conditions posées par le candidat dissident de la majorité sont trop « strictes ».

Pendant quelques jours, un espoir de réunion entre Agnès Buzyn, la nouvelle tête de liste du parti présidentiel aux élections municipales à Paris, et Cédric Villani, ex-LREM, a commencé à naître chez les marcheurs parisiens. Espoir de courte durée. Ce mercredi 19 février, dans une interview accordée au Parisienl’ancienne ministre des Solidarités et de la Santé tacle le député de l’Essonne et les « conditions strictes »  qu’il souhaiterait lui imposer.

Alors que le contact était totalement rompu avec le premier candidat LREM Benjamin Griveaux, contraint à la démission après la diffusion de vidéos intimes, Cédric Villani et Agnès Buzyn se sont entretenus au téléphone dès dimanche. La tête de liste assure avoir « tendu la main » au candidat-mathématicien. « Mais il a posé des conditions strictes : ce n’est pas comme cela que je travaille. Je ne suis pas dans le rapport de force. Et là, il a posé un rapport de force », regrette-t-elle.

Cédric Villani souhaite notamment qu’Agnès Buzyn s’aligne sur les principales lignes de son programme, « l’agrandissement de Paris » en tête, et un plan d’investissement de 5 milliard pour le climat. Il insiste par ailleurs sur la nécessité d’envoyer un signe pour « l’ouverture à un accord de second tour avec les Verts pour réaliser les conditions de l’alternance sur une base écologiste et progressiste ». Soit la fameuse « coalition climat », devenue le véritable serpent de mer de la campagne, proposé par David Belliard, le candidat des écologistes, et censée réunir des Insoumis à Anne Hidalgo. Sans Anne Hidalgo, selon la volonté de Cédric Villani.

VIDÉO – Mairie de Paris : toutes ces fois où Agnès Buzyn a laissé planer le doute…

« Complètement dans les temps »

Succédant en catastrophe à Benjamin Griveaux dont la campagne patinait, et suscitant un nouvel espoir chez les militants, la candidate n’a plus qu’un mois pour inverser la tendance aux favorites des sondages Anne Hidalgo (Parti socialiste) et Rachida Dati (Les Républicains). Ce temps court n’inquiète pas celle qui affirme prendre pour « modèle » l’ancien maire de Paris Bertrand Delanoë (PS). « Je suis complètement dans les temps. En réalité, les campagnes municipales sont très courtes », a‑t-elle tenu à rassurer.

Épinglée par ses adversaires pour avoir affirmé, deux jours avant sa nomination, qu’elle « avait un agenda trop chargé » pour être candidate, Agnès Buzyn préfère évacuer. « À ce moment-là, Benjamin Griveaux n’avait pas annoncé qu’il se retirait. Là, c’est tout autre chose : on me propose d’être candidate à la mairie de Paris. Mon engagement est total, c’est pour ça que j’ai démissionné de mon poste de ministre », a‑t-elle insisté.