Climat, malbouffe… L’ONU alerte sur l’état de protection des enfants dans le monde

Climat, santé, malbouffe... aucun pays au monde ne parvient à offrir aux plus jeunes une vie saine et un climat propice à leur avenir, selon le rapport d’une commission créée par l’OMS, l’UNICEF et la revue The Lancet.

Les enfants, grands oubliés des politiques gouvernementales à travers le monde ? C’est ce qu’indique un rapport de l’ONU, publié ce mercredi, et basé sur une commission réunissant des experts internationaux sous l’égide de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), de l’Unicef et de la revue The Lancet. Elle met en garde tous les pays du monde sans exception, développés comme en voie de développement ou pauvres, contre leurs politiques actuelles, en classant 180 d’entre eux en fonction de leur action en faveur des plus jeunes. La santé des enfants fait partout face à une « menace immédiate », selon le rapport.

Des avancées ont été réalisées au cours des 20 dernières années dans le domaine de la santé des enfants et des adolescents, mais « ces progrès sont aujourd’hui au point mort », estiment les auteurs. « Les pays doivent revoir leur approche de la santé des enfants et des adolescents en faisant en sorte, non seulement de prendre soin d’eux aujourd’hui, mais en protégeant le monde dont ils hériteront », souligne Helen Clark, ancienne Première ministre de Nouvelle-Zélande et co-présidente de la commission d’experts convoquée par l’OMS et l’Unicef.

Pollution de l’air et matraquage commercial

Parmi les menaces pesant sur la santé des générations futures, le rapport évoque en premier lieu la pollution de l’air et l’« intensification des menaces climatiques », et recommande de s’attaquer « avec la plus grande urgence » aux émissions de CO2. Les experts dénoncent aussi des « pratiques commerciales néfastes » pour la santé des enfants, exposés au marketing de marques d’aliments ultra-transformés, de boissons sucrées, d’alcool, de cigarettes électroniques ou de tabac. De nombreuses études montrent que « l’auto-régulation par les industriels ne fonctionne pas », dénoncent les experts, qui appellent les gouvernements à durcir leur réglementation en la matière. Pour rappel, le nombre d’enfants obèses est passé de 11 millions en 1975 à 124 millions en 2016.

Nouveauté du classement : les auteurs analysent des mesures de « durabilité » (évolution des émissions de CO2, inégalités de revenus…) et soulignent que « si beaucoup de pays à haut revenu ont un très bon score à l’index d’épanouissement, ils sont proches du bas du classement pour leur contribution à la durabilité écologique ». Sans surprise, les pays riches arrivent en tête du classement en terme d’épanouissement avec la Norvège en première position, suivie par la Corée du Sud, les Pays-Bas et la France, en quatrième position. Mais apparaissent en queue de peloton sur celui de la durabilité écologique. Quant aux pays les plus pauvres, si leurs émissions de gaz à effet de serre sont parmi les plus faibles, « beaucoup sont exposés aux effets les plus sévères d’un changement climatique rapide ».