Bordeaux, Lille, Marseille, Lyon… On fait le point sur les municipales

Les Français sont appelés aux urnes les 15 et 22 mars prochain. Montée des candidats écolos, bastions de la droite menacées, tentatives de conquêtes d'En Marche... La campagne municipale bat son plein dans toutes les villes de France.

Percée de Rachida Dati dans les sondages, campagne éclair d’Agnès Buzyn, rendez-vous manqué entre Agnès Buzyn et Cédric Villani, retrait de Gaspard Gantzer, annonce d’un débat télévisé… Cette semaine, il a beaucoup été question de Paris concernant les élections municipales de 2020. Tour d’horizon des autres principales villes françaises.

 

  • À Marseille, qui pour remplacer Jean-Claude Gaudin ?

Voilà 25 ans que Jean-Claude Gaudin est à la tête de la cité phocéenne. Son bilan est contesté mais la droite reste favorite… malgré ses divisions. Martine Vassal, actuelle présidente du département des Bouches-du-Rhône et d’Aix-Marseille-Métropole et dauphine du maire sortant, reste favorite. Et ce même si Bruno Gilles a décidé de maintenir sa candidature dissidente à celle de LR. Martine Vassal est talonnée dans les sondages par le candidat du Rassemblement national Stéphane Ravier dont la campagne est centrée sur la sécurité et l’immigration. De leurs côtés, la gauche unie sous la bannière du Printemps Marseillais, Europe Écologie Les Verts et Samia Ghali font course à part. Quant à En Marche, Yvon Berland, président de l’université Aix-Marseille, a été rejoint ce mercredi par le candidat de l’Union des écologistes (UDE) et par l’UDI.

  • À Lyon, deux élections le même jour

Comme Marseille et Paris, la ville de Lyon est divisée en arrondissements. Mais il s’agit de la seule ville de France où il faudra également voter pour les élections métropolitaines, et ce pour la première fois en raison du statut particulier qu’elle a acquis en 2014. Gérard Collomb, maire sortant de Lyon, n’est pas candidat à la mairie. L’ancien ministre de l’Intérieur, soutenu par LREM ambitionne de prendre le contrôle de la métropole. Son principal concurrent est David Kimelfeld qui est aussi… son ancien dauphin. Le dissident de 58 ans avait gardé son poste à la tête de la métropole à Gérard Collomb lorsque ce dernier est revenu du gouvernement. Côté EELV, le candidat Bruno Bernard talonne Gérard Collomb et se situe devant David Kimelfeld dans les derniers sondages. Pour la mairie de Lyon cette fois, l’ancien gymnaste Yann Cucherat, investit par LREM, fait figure de favori avec les candidats EELV et LR.

  • À Bordeaux, les écologistes en embuscade

À la main de la droite depuis la fin de la seconde guerre mondiale, Bordeaux pourrait bien voir une nouvelle majorité arriver au pouvoir. LR est représenté par Nicolas Florian, le maire sortant, dauphin d’Alain Juppé. Toujours en tête dans les sondages, il est talonné par son concurrent écolo, Pierre Hurmic dont la liste EELV est soutenue par le PS, le PCF ou encore Génération.s. Quant à Philippe Poutou, l’ancien candidat aux deux dernières élections présidentielles il a atteint la troisième position avec 12% selon un sondage BVA pour Europe 1 publié ce jeudi. A la surprise générale, il fait mieux que la liste LREM conduite par Thomas Cazenave qui est désormais en quatrième position dans cette étude.  Bordeaux pourrait donc réserver des surprises. Comme l’expliquait Adelaïde Zulfikarpasic, directrice du département BVA Opinion sur Europe 1, « le second tour sera assez tendu… en tout cas il y en aura un, ce qui est une première à Bordeaux depuis 1947 ».

  • À Lille, Martine Aubry tente de conserver son bastion

Martine Aubry espère effectuer son quatrième mandat à la tête de la mairie de Lille. Mais alors que le PS est en grande perte de vitesse dans le Nord, les écologistes voudraient bien ravir l’hôtel de ville. Le parti En Marche, principal challenger de la gauche, a quant à lui choisi de miser sur Violette Spillebout qui n’est autre que… l’ex directrice de cabinet de Martine Aubry. Il faudra également compter sur LFI qui affiche de très bon résultats dans le Nord. Quant à LR, c’est l’ancien ministre Marc-Philippe Daubresse, contesté par la droite municipale, qui a été choisi.

  • Et ailleurs…

D’autres villes seront particulièrement scrutées au soir des résultats. Comme Perpignan qui pourrait bien devenir la plus grande ville conquise par le Rassemblement National grâce à Louis Aliot. À Grenoble, seule grande ville gagnée par les écolos en 2014, Eric Piolle voit face à lui un candidat désigné par le PS, une députée investie par LREM, ou encore Alain Carignon, condamné en 1996 à un an de prison ferme pour corruption, qui se présente sans l’étiquette LR. Rennes comme Nantes se joueront principalement entre la maire socialiste sortante, et leurs adversaires EELV et LREM. Enfin à Strasbourg, le jeu reste ouvert entre EELV et LREM.