Budget européen post-brexit : la PAC priorité absolue de la France

Les Vingt-Sept se rencontrent ce jeudi 20 février à Bruxelles pour discuter du budget européen 2021-2027. Après le départ de la Grande-Bretagne, la négociation s'annonce longue et rude. Notamment sur la Politique agricole commune. 

La France en campagne pour ses agriculteurs. Le redouté sommet post-Brexit sur le futur cadre financier 2021–2027 se tient ce jeudi 20 février, à Bruxelles. Dans un contexte tendu, la France va devoir ferrailler pour préserver le budget de la politique agricole commune (PAC), une aide financière vitale pour les agriculteurs français. 

Quelques semaines après le Brexit, les Etats membres ont pour mission de trouver un compromis sur un budget européen amputé de la participation de la Grande-Bretagne, soit 75 milliards d’euros sur 7 ans. Dans ces conditions, il ne peut pas y avoir de gagnants et les négociations s’annoncent difficiles. Tandis que les « Etats frugaux » du nord ( Allemagne, Danemark, Pays-Bas, Autriche) réclament un budget européen restreint, qui limiterait les contributions nationales à 1 % du revenu national brut européen, les Etats du sud tentent de préserver les dépenses opérationnelles. 

Dans l’âpre bataille qui se profile, la France a choisi son combat : la politique agricole commune. Mercredi déjà, l’Élysée a martelé que la PAC sera « une priorité essentielle, absolue » lors des négociations. « Nous avons placé tout en haut de nos priorités » le fait  « d’avoir une revalorisation nécessaire » de la PAC, a déclaré la présidence de la République. 

Dans sa première proposition, au printemps 2018, la Commission proposait de réduire drastiquement l’enveloppe accordée aux agriculteurs : de 410 milliards à 324,3 milliards d’euros. Une coupe douloureuse pour la France qui est la principale bénéficiaire de la PAC avec plus de 9 milliards d’euros chaque année.

Les agriculteurs réclament « un budget plus ambitieux »

La dernière proposition, qui est sur la table ce jeudi, est moins drastique. Le président du Conseil européen, Charles Michel, propose 330 milliards d’euros sur 7 ans pour les aides agricoles, soit une baisse de 80 milliards d’euros. Toujours 80 milliards de trop pour Jérémy Decerle, ex-président des Jeunes Agriculteurs et député européen LREM qui déplore un « mauvais signal » envoyé à un secteur auquel on demande pourtant « beaucoup, notamment d’assurer la sécurité alimentaire », au micro d’Europe 1, ce jeudi. 

Sa position est partagée par ses anciens camarades des Jeunes Agriculteurs et de la FNSEA, les deux syndicats agricoles français les plus influents, qui appelle la Commission à débloquer  « un budget plus ambitieux que celui proposé » afin de « permettre aux agriculteurs de relever le défi alimentaire, celui du renouvellement des générations en agriculture, mais aussi de répondre aux attentes sociétales ». 

Dans les négociations, la France pourra mettre en avant son statut de deuxième plus gros contributeur au budget européen. En 2018, elle a versé environ 22,2 milliards d’euros. Elle fait partie des contributeurs nets, ce qui signifie qu’elle donne plus d’argent à l’Union européenne qu’elle n’en reçoit ( 14,8 milliards d’euros en 2018 essentiellement dans le cadre de la PAC ). « La France est un contributeur net, nous apportons au budget plus que nous ne recevons, mais nous voulons payer pour les Européens, pour des projets concrets, pour des bénéficiaires tangibles », a argué Amélie de Montchalin, secrétaire d’État chargée des affaires européennes, avant une réunion avec ses homologues.