Bercy réunit vendredi le secteur économique pour évaluer l’impact du Coronavirus

Le ministre de l'Économie et des Finances Bruno Le Maire réunit vendredi les acteurs économiques pour évaluer l'impact de l'épidémie du Covid-19.

Le ministère de l’Économie et des Finances réunira vendredi matin les acteurs économiques pour évaluer l’impact global du Covid-19. Mi-février, le ministre Bruno Le Maire estimait sur BFMTV que l’épidémie pourrait amputer la croissance française de 0,1 point de pourcentage en 2020.

Le virus Covid-19 est apparu fin janvier dans la province du Hubei au centre de la Chine, où de nombreux groupes internationaux possèdent des usines. C’est le cas de Schneider Electric, le groupe français de gestion de l’énergie. Son usine de Wuhan, épicentre de l’épidémie, est toujours à l’arrêt. Le groupe estime son manque à gagner à 300 millions d’euros. « Aujourd’hui, 80% de notre capacité opérationnelle en Chine fonctionne », a précisé Emmanuel Babeau, le directeur général. Or, la Chine représente aujourd’hui environ 15% de l’activité globale du groupe.

Le secteur touristique est lui aussi très touché. Pékin a décidé la mise en quarantaine de dizaines de villes chinoises et les voyages organisés de Chinois vers l’étranger sont interdits. Le groupe hôtelier Accor indique que 200 de ses hôtels en Chine et à Hong Kong étaient à l’arrêt. De nombreuses compagnies, comme British Airways, Air Canada ou encore Lufthansa, ont suspendu depuis fin janvier leurs vols vers la Chine continentale.

Gros marché de consommateurs

Air France-KLM déplore un impact négatif de 150 à 200 millions d’euros entre février et avril. La compagnie franco-néerlandaise donne ce chiffre « sous l’hypothèse d’une reprise progressive des opérations à partir d’avril ». Il avait initialement annoncé le 6 février que les vols de ses compagnies reprendraient progressivement à partir du 16 mars, et prévoyait un retour à la normale le 29 mars.

Maillon essentiel de la chaîne de production, vivier du tourisme international… la Chine est aussi un gros marché de consommateurs, notamment dans le luxe. Dans ce secteur, le pays représente un peu moins de la moitié des ventes. Le géant français du luxe Kering a déjà noté une forte baisse de ses ventes en Chine début 2020 à cause de l’épidémie.

Partie du centre du pays, l’épidémie a déjà fait plus de 2 100 morts, dont seulement huit en dehors de la Chine continentale. Le virus a contaminé plus de 75 000 personnes. « Si jamais ça persiste et que l’épidémie prend de l’ampleur, bien entendu que l’impact [économique] sera plus important », a prévu Bruno Le Maire mi-février.