La sale rengaine du PSG

Il a suffi d'une défaite face à Dortmund en 8ème de finale de Ligue des champions (2-1) pour que les vieux démons du Paris Saint-Germain resurgissent. Les différents acteurs du club se rejettent la faute dans un règlement de comptes à peine voilé.

Un huitième aller de Ligue des champions mardi soir perdu deux buts à un contre Dortmund (2–1), et la zone-mixte du Signal Iduna Park a pris des allures de saloon. C’est Neymar, le meneur de jeu de l’équipe, fine gâchette brésilienne et auteur du seul but parisien du match, qui a défouraillé le premier contre la direction du club. Depuis, chacun y est allé de sa petite phrase, sans que personne n’assume son rôle dans la défaite et la gestion de l’effectif. Comme une mauvaise ritournelle, les sorties extra-sportives ont pris le pas sur les exploits balle aux pieds. Malgré cette sale ambiance qui colle aux chaussures des joueurs depuis le début de l’ère qatarie, le PSG peut toujours espérer inverser la tendance le 11 mars lors du match retour au Parc des Princes. Pour que le sportif fasse oublier les lacunes managériales… Et permette enfin aux Parisiens d’atteindre les quarts de finale après lesquels ils courent depuis trois saisons.

Neymar flingue les dirigeants

Leonardo a dû voir les étoiles. Pas celles de la coupe d’Europe, objectif prioritaire du club depuis 2011, mais celles qui tournoient quand on prend un sale coup derrière la tête. C’est sa star et compatriote qui lui a asséné sans ménagement à la sortie du match. « C’est difficile de rester quatre matchs sans jouer, a expliqué Neymar au micro de RMC Sport après la défaite en Allemagne. Ce n’est pas mon choix, c’est le club qui a pris la décision, les médecins. On a beaucoup parlé. Moi, je n’ai pas aimé. Je voulais jouer, je me sentais bien. Le club a eu peur et ça retombe sur moi. » Le joueur Parisien avait été préservé à la suite d’une légère blessure contre Montpellier début février.

En dépit d’un but, le joueur n’a pas marqué le match de son empreinte et regrettait son manque de rythme imposé par le club. D’après Foot Mercato, il en a d’abord voulu à son entraineur, Thomas Tuchel, qu’il pensait être celui qui refusait de le faire jouer avent le match. Ce que l’entraîneur a ensuite démenti. Les derniers jours ont été tendus entre les deux hommes. D’après Le Parisien, il visait bien le directeur sportif du club, Leonardo, alors que leur relation patine depuis le transfert avorté du Brésilien à Barcelone cet été. Pour en remettre une couche, Lionel Messi, le sextuple ballons d’or, a déclaré dans une interview à Mundo Deportivo ce jeudi que « Neymar a vraiment hâte de revenir au Barça. Neymar est l’un des meilleurs du monde », a encensé le joueur barcelonais qui n’a pas manqué d’indiquer qu’il adorerait le retrouver. Ni Leonardo, ni Nasser Al-Khelaïfi, le président du club, n’ont réagi, aux propos de Neymar, ou à ceux de Messi.

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Tuchel vise ses joueurs, Meunier renvoie la balle sur le staff

La gestion du match par l’entraineur allemand, par ailleurs ancien coach de Dortmund, en a surpris plus d’un. D’abord par son changement de système surprenant, pour un 3–4‑3, très peu utilisé jusqu’ici, qui n’est pas sans rappeler le système inédit et décrié de Laurent Blanc, ancien entraîneur du PSG, face à Manchester-City lors d’un quart de finale de ligue des champions en 2016. Thomas Tuchel n’a d’ailleurs pas souhaité s’épancher longuement sur sa stratégie. « Le changement ? Ce serait trop long à expliquer », a‑t-il lâché aux journaliste avant d’abréger les questions par un : « Vraiment ! ». Pas d’explications sur sa tactique, mais des mots pour ses joueurs. « On manque un peu de confiance. On a joué avec trop de peur de faire des erreurs », s’est-il fendu. Ambiance.

D’autant qu’à l’issue du match, le frère du défenseur central du PSG Presnel Kimpembe, a insulté l’entraineur parisien sur les réseaux sociaux. « Tuchel, va n… ta mère, sale fils de p… », a‑t-il lancé dans une courte vidéo publiée sur Instagram mardi soir. Forçant le champion du monde à s’excuser auprès de son coach. Selon RMC, le défenseur central a assuré à Thomas Tuchel qu’il ne partageait pas le contenu de ces  propos, supprimés depuis leur publication. Kimpembe aurait soutenu que son frère s’exprimait en tant que simple supporter du Paris SG. Si Thomas Tuchel aurait accepté ces excuses et rassuré l’international sur le sujet qui n’aura pas de conséquences sur la suite de sa saison, cet épisode n’est pas sans rappeler la brouille entre Serge Aurier et Laurent Blanc. Le défenseur Parisien avait insulté son coach sur Périscope…

Enfin, le latéral droit du PSG, Thomas Meunier, sanctionné d’un carton jaune durant le match sera suspendu le 11 mars prochain. Comme son compère du milieu de terrain, Marco Verratti. Une situation que Thomas Meunier aurait pu éviter, de son propre aveu : « Si j’avais su, je n’aurais pas fait cette faute ». Le défenseur ne semblait donc pas au courant d’être sous la menace… Et rejette la faute sur le staff. Une situation impensable dans un club qui souhaite remporter la coupe d’Europe, bien que Thomas Meunier aurait de lui-même pu prendre ce renseignement. Manque de professionnalisme criant dans les deux cas ? Là non plus, la direction parisienne n’a pas réagi. Les années passent et se ressemblent au PSG.