Ouverture du procès de Reda Hame, formé par Abdelhamid Abaaoud, l’organisateur des attentats de Paris

Le procès de Reda Hame s'ouvre ce jeudi 20 février devant les assises de Paris. Ce trentenaire est accusé d'avoir rejoint la Syrie et soupçonné d'être revenu en France, missionné par Abdelhamid Abaaoud, pour commettre un attentat « dans une salle de concert ».

 

Reda Hame n’a passé que huit jours en Syrie en juin 2015. Là-bas, cet informaticien parisien avec des papiers en règle est vite repéré par Abdelhamid Abaaoud, soupçonné d’être le cerveau des attaques du 13 novembre.

Il suit une formation de cryptage et Abaaoud lui apprend le maniement des armes. « Il m’a dit par exemple, imagine un concert de rock dans un pays européen, si on te passe de quoi t’armer, est-ce que tu serais prêt à tirer dans la foule ? » a rapporté Reda Hame aux enquêteurs. Quelques mois plus tard, un commando jihadiste sous les ordres d’Abaaoud attaquait le Bataclan.

Il quitte la Syrie au bout d’une semaine, le 12 juin 2015. Il rejoint Paris en plusieurs étapes : Istanbul, Belgrade, Prague, Amsterdam, Bruxelles. Alors surveillé depuis quelques semaines, Reda Hame est interpellé chez lui, le 11 août 2015. Son parcours s’inscrit dans les « remontées de jihadistes de l’été 2015 ayant occasionné de nombreux attentats ou tentatives d’attentats en France et en Europe », estiment aujourd’hui les juges d’instruction.

« Hâte de s’expliquer »

Lors des premiers interrogatoires, Reda Hame avait mis en garde les services antiterroristes sur des attaques à venir : « Ce que je peux vous dire, c’est que cela va arriver très bientôt. Là-bas, c’était une véritable usine et ils cherchent vraiment à frapper en France ou en Europe. »

Plus tard, la question se pose : si le Parisien de trente-quatre ans n’avait pas été interpellé, aurait-il fait partie des commandos jihadistes du 13 novembre ? L’intéressé affirme que non, expliquant aux enquêteurs avoir feint d’accepter la mission de commettre un attentat dans le but de sortir de Syrie, récupérer ses papiers et rester en vie.

Une version à laquelle ne croient pas les enquêteurs. Après son départ de Syrie, Reda Hame aurait suivi plusieurs consignes données par Abdelhamid Abaaoud et serait resté en contact avec d’autres jihadistes.

« Reda Hame a hâte de s’expliquer », ont déclaré ses avocats, Mes Archibald Celeyron et Julie Fabreguettes à France Inter, « rien dans le dossier ne permet de le rattacher aux attentats du 13 novembre ».