Après le départ de Gaspard Gantzer, son mouvement dans le flou

Gaspard Gantzer, ancien conseiller de François Hollande a annoncé jeudi 20 février son ralliement à l'ex-ministre de la Santé Agnès Buzin. Un revirement soudain pour celui qui, il y a encore deux jours, était tête de liste de son propre mouvement « Parisiennes, Parisiens ».

Crédité de 1 à 2% dans les sondages, Gaspard Gantzer, ex tête de liste de son propre mouvement « Parisiennes, Parisiens », avait peu de chances d’être élu maire de Paris avec sa liste. Alors, quand l’ancienne ministre de la santé Agnès Buzyn, désignée tête de liste LREM après la médiatisation de l’affaire Griveaux, l’a appelé lundi en lui proposant de se rallier à sa liste, il a accepté. « Il  faut changer de maire de Paris, il faut battre Anne Hidalgo. Or, depuis sa désignation, j’ai la conviction qu’Agnès Buzyn peut et même qu’elle va devenir maire de Paris » a‑t-il déclaré dans les colonnes du Parisien après avoir officialisé son ralliement jeudi 20 février. Une annonce qui fait grincer des dents et qui signe un avenir très incertain pour son mouvement.

« Je me serais fait chier dans cette majorité »

Lors d’une interview à Chez Pol en octobre 2018, au moment de sa non-investiture par LREM aux législatives 2017, Gaspard Gantzer assurait pourtant : « Tous les jours je remercie le ciel. Je me serais fait chier dans cette majorité et surtout, je me serais abîmé politiquement. »  Quelques mois plus tard, au micro de France Inter, interrogé sur un potentiel ralliement à Emmanuel Macron et à son parti, il affirmait : « Ah non, ça n’arrivera jamais parce que quand je me lance dans une bataille, c’est pour y aller totalement et jusqu’au bout. Il n’y aura ni ralliement ni rustine apportées aux uns et aux autres. » Rebelote au mois de septembre 2019, où il ajoutait : « On ne s’alliera pas avec qui que ce soit avant le premier tour. » Enfin, il y a encore quelques jours, avant que la proposition de ralliement ne lui soit faite, il assurait au Figaro qu’il ne lâcherait rien « qu’il pleuve ou qu’il vente ».

 

Dans une autre interview accordée au Parisien et publiée le 12 mars 2019, lorsque les intentions de vote le créditaient de 5% , il répondait : « Mon petit doigt me dit que ce ne sont pas ceux qui ont les clés de l’Hôtel de Ville ou du gouvernement en ce moment qui sont les plus à même de fédérer. En tout cas, je ne suis pas là pour servir de jambe de bois à tel ou tel parti politique peuplé d’apparatchiks », des propos qui, aujourd’hui, sont ressortis et nuisent à l’image de l’ex candidat aux municipales.

Tout le monde n’est pas de cet avis. C’est notamment le cas d’Olivia Andrez, ex tête de liste de Gaspard Gantzer dans le VIe arrondissement de Paris désormais ralliée à Cédric Villani. Elle affirme : « Je pense qu’il a toujours été sincère et déterminé, c’est ce qui prime. Parfois, la sincérité et la détermination peuvent paraître comme un manque de substance, de fond, mais en fait je crois qu’il y a toujours cru et que quand il tenait ses propos, il les disait avec sincérité. »

Des colistiers divisés

Hier encore sur Twitter, avant l’annonce officielle de son ralliement à Agnès Buzyn, les comptes officiels de ses têtes de liste continuaient de mener campagne, identifiant Gaspard Gantzer. Une situation qui peut laisser penser qu’une partie de ses colistiers actuels n’a pas été mise au courant de son ralliement.

Le départ de Gaspard Gantzer ne les décourage pas pour autant. Ils restent tout de même déterminés à faire campagne. Ce matin encore, les soutiens du parti tractaient aux abords des sorties de métro. Reste à savoir comment va se dérouler la suite de la campagne étant donné que Gaspard Gantzer, fondateur de « Parisiens, Parisiennes », a quitté le navire. C’est lors d’une conférence de presse organisée lundi 24 février prochain.

D’autres de ses colistiers, comme Olivia Andrez, ancienne tête de liste « Parisiennes, Parisiens » dans le VI arrondissement de Paris, ont assuré leurs arrières. « J’ai été contactée par Benjamin Griveaux et par Cédric Villani il y a deux semaines pour rejoindre leur liste, raconte celle qui était « la seule tête de liste à partir au moment où j’ai compris que la décision qu’il a prise hier allait arriver ». Un départ pressenti en interne il y a deux semaines qui justifie son choix de se rallier à Cédric Villani.

Désormais, chacun de ses soutiens a sa propre stratégie.  Benjamin Djiane, tête de liste de Gaspard Gantzer pour le centre de Paris, a lui aussi décidé de soutenir Agnès Buzyn. A un mois du premier tour des élections municipales, l’avenir du mouvement apparaît de plus en plus flou.

Irène Ahmadi