Irlande : Leo Varadkar, le Premier ministre, démissionne

Leo Varadkar est l'une des premières victimes du résultat des législatives irlandaises. Le Premier ministre a annoncé sa démission. Il continuera d'assurer l'intérim en attendant la formation d'une nouvelle coalition gouvernementale.

(Avec AFP)

Le premier ministre irlandais Leo Varadkar a démissionné jeudi 20 février au soir mais restera en fonction le temps qu’une coalition gouvernementale soit trouvée après des élections législatives sans véritable vainqueur. Sa démission était attendue car son parti centriste, le Fine Gael, est arrivé en troisième position lors des élections législatives du 8 février, à l’issue desquelles aucun parti n’a obtenu de majorité.

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La forte progression du Sinn Fein à l’issue de ce scrutin a chamboulé le paysage politique irlandais, dominé depuis un siècle par les deux grands partis de centre-droit, le Fianna Fail et le Fine Gael. La répartition des sièges au Dail, chambre basse du Parlement, est particulièrement éclatée : le Fianna Fail compte 38 députés, le Sinn Fein 37, le Fine Gael 35. Depuis, les discussions entre partis politiques pour former une coalition sont dans l’impasse.

Jeudi 20 février après-midi, chacun de ces trois partis, ainsi que les Verts, ont présenté un candidat aux 160 députés qui se sont réunis au Dail. La cheffe du parti nationaliste Sinn Fein, Mary Lou McDonald, a remporté le plus de suffrages avec le soutien de 45 députés, bien loin cependant des 80 voix requises pour obtenir la majorité parlementaire. Ce vote représente un coup de pouce symbolique pour le Sinn Fein, autrefois considéré comme la vitrine politique de l’IRA (Armée républicaine irlandaise), organisation paramilitaire opposée à la présence britannique en Irlande du Nord. Aujourd’hui dédiabolisée, la formation cherche à établir un « gouvernement de changement », en s’alliant à des petits partis de gauche.

De longues tractations à venir

Les propositions du Sinn Fein, parti de gauche, en matière de logement, de santé, problématiques au cœur des préoccupations des Irlandais, ont rencontré un franc succès, mais une autre question surgirait dans le débat s’il accédait aux responsabilités : celle de l’unification de l’Irlande. Le Sinn Fein, deuxième force politique sur l’île, aussi bien dans la province britannique d’Irlande du Nord que dans la République au sud, souhaite un référendum sur le sujet dans les cinq ans, voire trois ans, qui viennent.

Le rapport de forces au Parlement est tel qu’il faudra qu’au moins trois partis s’entendent pour former un gouvernement de coalition. Le Fianna Fail et le Fine Gael ont tous deux exclu de travailler avec le Sinn Fein. Les Verts, quatrième force politique avec 12 sièges, pourraient avoir un rôle décisif. Ils ont proposé au Sinn Fein, au Fianna Fail et au Fine Gael de les rencontrer à partir de vendredi.

Les discussions pourraient être longues, et en cas d’échec, conduire à de nouvelles élections. Après les dernières législatives de 2016, il avait fallu 70 jours pour former un gouvernement de coalition entre le Fine Gael et le Fianna Fail.