La fermeture de la centrale de Fessenheim débute dans la nuit de vendredi à samedi

Mise en service en 1977, la centrale de Fessenheim était la plus vieille de tout le parc nucléaire français. Plusieurs salariés, incertains quant à leur avenir, ont annoncé qu'ils refuseraient de mettre en place la procédure d'arrêt.

Le réacteur n°1 de la centrale de Fessenheim sera définitivement mis à l’arrêt dans la nuit du vendredi 21 au samedi 22. Le second réacteur sera également découplé du réseau EDF le 30 juin. Un décret publié au Journal officiel mercredi 19 « abroge l’autorisation d’exploiter la centrale nucléaire de Fessenheim dont EDF est titulaire ».  Le combustible de la centrale devra être achevé d’ici 2023. La phase de préparation au démantèlement, procédure que la France n’a jamais mis en oeuvre à l’échelle d’une centrale entière, devrait commencer en 2025 et se terminer vers 2040.

Construite en 1977, la centrale de Fessenheim se trouvait depuis quelques années au centre des débats sur le nucléaire. En 2012, lors de sa campagne électorale, François Hollande avait promis sa fermeture pour 2016. Mais ce n’est qu’en 2019 que l’arrêt de la centrale avait été définitivement confirmé par Emmanuel Macron. Douze réacteurs supplémentaires, sur les 58 que compte la France, doivent être arrêtés d’ici 2035, sans toutefois conduire à des fermetures complètes de centrale. Malgré la fermeture programmée de Fessenheim, le parc nucléaire français reste le deuxième plus important au monde derrière celui des Etats-Unis (98 réacteurs).

La colère des salariés

La ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne doit visiter vendredi le Haut-Rhin. Elle a d’ores et déjà assuré qu’il n’y aurait « aucune perte d’emploi ». Le député LR du Haut-Rhin Raphaël Schellenberger a quant à lui demandé aux salariés « pardon pour ce choix irresponsable dont vous êtes les premières victimes », dans une tribune publiée par l’Opinion.

Certains des salariés de la centrale ont menacé de désobéir et de ne pas appliquer les procédures d’arrêt du réacteur. « Fessenheim avait été prévue pour 40 ans, explique à France 3 l’un des exploitants d’EDF qui ‘refusera d’appuyer sur le bouton’ ». « De nouvelles études ont montré qu’elle était exploitable jusqu’à 60 ans.  À nous, l’employeur nous a vendu des embauches sur 40, 60 ans. Ces carrières n’auront pas lieu. » La centrale de Fessenheim emploie aujourd’hui 1100 salariés permanents.

La loi française ne fixe pas de durée de vie aux centrales nucléaires. Toutefois la durée de fonctionnement initialement envisagée par EDF pour ses réacteurs de deuxième génération était de 40 ans. L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), l’organisme qui délivre les autorisations d’exploitation des centrales, considère que « la poursuite du fonctionnement des réacteurs au-delà de quarante ans n’est envisageable que si elle est associée à un programme volontariste et ambitieux d’améliorations au plan de la sûreté ».