Les conservateurs favoris des élections législatives iraniennes

Les élections se tiennent le vendredi 28 février, elles sont  menacées par un fort taux d'abstention alors que le régime est en quête de légitimé, quelques mois après que le pays a été secoué par d'importantes manifestations antigouvernementales.

Les 58 millions d’Iraniens se rendent aux urnes vendredi 21 février, pour élire leurs 290 députés. L’élection se tient dans un contexte tendu, alors que le pays a été secoué par d’importantes manifestations fin 2019 et début 2020. En novembre, des milliers d’Iraniens ont protesté contre l’augmentation de 50% du prix de l’essence, puis en janvier 2020, ces manifestations avaient repris après que l’armée a abattu un avion de ligne ukrainien.

Le camps conservateur est favoris dans une élection menacée par une forte abstention. En fonction de leur poids dans la future Assemblée, la politique extérieure d’ouverture, poursuivie par Hassan Rohani depuis son élection en 2013, pourrait changer. Les ultraconservateurs s’opposent à toute négociation avec l’Occident et sont impatients de sortir de l’accord international sur le nucléaire iranien, la grande réalisation de l’actuel président, conclu en 2015 à Vienne, mais menacé d’implosion depuis que Donald Trump l’a dénoncé unilatéralement en 2018.

Cette élection intervient un an avant celle de la présidence de la République islamique. Hassan Rohani, l’actuel président est le tenant d’une ouverture, mais face à Donald Trump et à l’escalade des tensions avec les États-Unis, une fois encore, c’est le camps conservateur qui est favori.

Une forte abstention anticipée

L’ayatollah Ali Khamenei, Guide suprême de la République islamique, a appelé à une participation massive pour déjouer les « complots vicieux » des États-Unis et d’Israël contre l’Iran. « Voter est un devoir religieux », a‑t-il encore affirmé mardi. Depuis mercredi, la télévision diffuse une multitude d’appels à voter de responsables politiques ou d’ayatollahs. Un court dessin animé diffusé plusieurs fois par jour montre les bulletins de vote se transformer comme autant de torpilles contre une flotte d’envahisseurs, envoyée par le fond.

La participation aux dix dernières élections a atteint en moyenne 60,5 %, selon le ministère de l’Intérieur. Le porte-parole du Conseil des gardiens, Abbas Ali Kadkhodaï, a jugé quant à lui mercredi qu’une participation inférieure à 50 % ne poserait « pas de problème pour la démocratie ». Les bureaux de vote ont ouvert à 8h. Ils fermeront à 18h, mais la durée du scrutin est souvent prolongée, notamment à Téhéran.