TFC : Andreas Nittis, un violet qui monte 

La probable descente en Ligue 2 du TFC n’entame pas la passion de son plus grand supporteur à l'international, Andreas Nittis, toujours plus présent aux côtés du club.

Résigné, mais pas dégoûté. Samedi, à 2 900 km du Stadium, dans sa chambre de Limassol (Chypre), aux allures de musée à la gloire du Toulouse Football Club, il a tenu. Andreas Nittis n’a pas éteint sa télévision avant le coup de sifflet final de la nouvelle défaite des violets, contre Rennes (0–2), la quinzième en seize matchs depuis fin octobre. Même s’il est “très triste” et ne “croit plus du tout” au maintien en Ligue 1, le Chypriote de 24 ans n’a pas manqué une minute d’un match de son club cette saison.

Ni depuis douze ans. Plus de 300 maillots, douze visites en France, à chaque fois pour un coût d’environ 1000 euros -“un sacrifice financier”-, des tatouages à la gloire du club sur les deux bras : Andrea est fou du TFC. Une passion qui remonte à la saison 2008/2009. Étant donné le faible niveau de la ligue chypriote, il cherche un club à supporter en France. À une époque où “tout le monde est pour Lyon”, qui domine le championnat depuis des années, Andreas choisit arbitrairement Toulouse, qui termine cette saison là 3e du championnat. Rendu célèbre par l’émission J+1 de Canal + en septembre 2016, Andreas Nittis continue de supporter le Téfécé aussi intensément, mais avec quelques évolutions.

“Je gère mieux ma passion qu’avant”

Depuis la fin de saison 2016, je gère mieux ma passion qu’avant, explique Andreas dans un français parfait. Maintenant, il me faut deux jours pour digérer les défaites, auparavant, c’était une semaine”. Sans que cela n’altère son soutien au club de la ville rose : “ll consacre toujours autant de temps et d’énergie au TFC, même avec les défaites ! Le week-end, quand il est de retour à la maison, tout s’organise autour du TFC, corrobore sa mère Maria. Mais il a beaucoup gagné en maturité dans sa gestion des émotions.

Pascal Dupraz, entraîneur du TFC entre 2016 et 2018, l’y a aidé. “Il m’a raisonné, m’a montré que Toulouse ne doit être qu’un aspect de ma vie, à côté de la famille, du travail”, détaille Andreas Nittis. Il a tissé une relation d’amitié avec lui. Dupraz lui avait par exemple donné 1000 euros en 2017 pour qu’il puisse venir à Toulouse, à un moment où Andreas manquait d’argent.

Toujours plus proche des joueurs

Il est également devenu très proche de certains joueurs, actuels et anciens, avec qui il échange par textos et sur les réseaux sociaux : ” Koulouris — qui parle grec comme moi -, Dossevi, Amian, Diakité, Ali Ahamada — dont je gère maintenant les réseaux sociaux -, Adrien Regattin, Ben Yedder”. Ainsi que de Jackie Teulières, l’intendant du club, 86 ans, dont il “rêve de prendre la place un jour”. La plupart, il les a contacté de but en blanc sur les réseaux sociaux. Puis ses visites à Toulouse lui permettent de renforcer les liens créer à distance, et d’approcher de nouveaux joueurs.

Avec Jacky Teulières, l’illustre intendant du TFC.Il se rend à Toulouse une à deux fois par an, pour “une semaine au cours de laquelle je vais à tous les entraînement et à un match”. Il a même donné le coup d’envoi fictif de TFC — Metz en novembre 2017. De ce passage au centre du terrain, acclamé par le Stadium, il garde “une fierté absolue”.  Andreas Nittis est pourtant vu avec méfiance par certains supporters toulousains. “Je n’ai rien contre lui, mais c’est regrettable que le club ait plus d’attention envers un mec qui vient deux fois par an plutôt que pour ses supporteurs qui font vivre le club à l’année”, explique Yves Dussert, président de l’Association de défense des intérêts des supporters toulousains (Adist).

Andreas Nittis est si investi autour du club qu’on pourrait le croire journaliste ou membre du staff. Il est un supporter à part. La semaine, il est pourtant instituteur dans une classe maternelle la semaine à Nicosie. “Parler aux joueurs me permet d’avoir un lien quotidien avec le club, de mieux comprendre ce qu’il se passe. Quand Kombouaré et Zanko sont arrivés, j’ai tout de suite envoyé un message à Dupraz pour avoir son avis. Koulouris me dit tout ce qu’il se passe dans le vestiaire au quotidien”.

Le 9 mars 2019, de passage à Toulouse, il prononce, avec l’accord d’Alain Casanova, entraîneur à ce moment là, un discours devant le groupe à la veille d’un match à domicile face à Guingamp. “Je voulais les motiver, leur montrer qu’ils ne jouaient pas que pour eux”, se rappelle t‑il. Un grand souvenir, d’autant que le “Tef” l’emporte 1 — 0, alors qu’il n’avait pas gagné depuis cinq mois au Stadium. Mais l’attitude de certains joueurs l’avait choqué : “Certains joueurs s’étaient ostensiblement moqué de moi, ça m’a fait réalisé qu’ils n’en avaient pas grand chose à faire du club”.

Andreas Nittis prend la parole devant les joueurs du TFC en mars 2019.

Andreas rêve aujourd’hui de travailler dans le club. Cette année, il va commencer à passer ses diplômes d’entraîneurs, “pour espérer rejoindre un jour le staff du club, ne serait-ce que pour travailler avec les jeunes.” Et aider le Téfécé à redresser la barre. “Même lorsqu’ils seront en Ligue 2, je continuerai à tout faire pour venir au Stadium”. Pas sûr pour le TFC que tous ses supporters lui soient aussi fidèles.