FAQ : À quoi ressemblera la France après le 11 mai ?

Alors que la première phase du déconfinement approche, la rédaction du Cfjlab répond à vos dernières interrogations.

  • Chômage partiel, aides d’Etat… seront-ils de mise après le 11 mai?

Le chômage partiel continuera à être pris en charge par l’État après le 11 mai, mais ses dispositions évolueront à partir du 1er juin. Le dispositif permet pour l’instant aux salariés d’être indemnisés à hauteur de 84% de leur salaire net par leur employeur. Les entreprises reçoivent quant à elles une allocation de l’État correspondant au même montant (dans la limite de 4,5 Smic). Dès le 1er juin, l’État devrait diminuer le financement du chômage partiel pour les entreprises qui ne sont pas frappées d’interdiction administrative, de façon «progressive», a annoncé la ministre du Travail Muriel Pénicaud le 6 mai sur Europe 1. Le chômage partiel pourra donc toujours être mis en œuvre pour les entreprises, mais ces dernières devront en financer une partie. La hauteur de ce financement n’a pas encore été décidé.

Quant aux entreprises frappées d’interdiction administrative, Muriel Pénicaud a annoncé que le chômage partiel continuera à être pris en charge par l’État «le temps qu’il faudra et en fonction évidemment de la date où on pourra les rouvrir». Cette disposition concerne notamment les secteurs de l’hôtellerie, de la restauration et de l’évènementiel. Les parents devant garder leurs enfants pourront également toucher le chômage partiel pour le mois de mai. À partir de juin, et pour continuer à bénéficier de la mesure, ils devront fournir à leur employeur une attestation de la part de leur établissement scolaire, afin de justifier qu’il n’est pas en mesure d’accueillir leurs enfants.

Pour les entrepreneurs (indépendants, PME, ETI), «nous maintiendrons le fonds de solidarité pour tous les bénéficiaires jusqu’à la fin du mois de mai, a annoncé le ministre de l’économie. Un libraire, un fleuriste qui va rouvrir le 11 mai pourra encore en profiter jusqu’à fin mai en raison du chiffres d’affaires minimisé même à la reprise».

  • Quels sont les commerces qui pourront ouvrir le 11 mai ?

Salons de coiffure, quincailleries, fleuristes… Le déconfinement annoncé par le gouvernement devrait permettre à la plupart des commerces «non-essentiels» fermés depuis le 17 mars d’ouvrir à nouveau leurs portes dès le lundi 11 mai. Pour le moment, seuls les cafés, restaurants, bars, cinémas, musées, théâtres, cinémas, salles de spectacles et hôtels resteront inaccessibles. La réouverture de ces lieux, pour l’instant prévue le 2 juin, devra être confirmée fin mai.

Les commerçants devront par ailleurs respecter les mesures de protection sanitaire communiquées sur Info Coronavirus, le site du gouvernement dédié à la crise sanitaire: limitation du nombre de personnes dans les magasins, respect de la distanciation physique d’un mètre entre chaque personne, port du masque recommandé pour le personnel et les clients lorsque la distanciation physique n’est pas applicable… Les commerces qui ne respectent pas ces règles risqueront la fermeture.

  • Le port du masque est-il obligatoire ?

Le port du masque n’est pas obligatoire dans l’espace public à l’exception des transports en commun, tels que le bus, le RER ou le train. L’Etat y mettra à disposition des masques d’appoint. L’amende en cas d’infraction sera de 135 euros. Dans les commerces, pas d’obligation du port du masque pour les clients sauf si les commerçants décident de l’imposer.

Les compagnies aériennes envisagent, en revanche, de rendre les masques obligatoires pour leurs passagers.

  • Comment se procurer un masque ?

Depuis le 4 mai, des masques sont à nouveau disponibles en grandes surfaces et en pharmacie. Cela résulte de la volonté du gouvernement «que le plus grand nombre de Français puissent trouver des masques dans les lieux de consommation habituels», a expliqué le ministre de l’économie Bruno Le Maire sur France Inter.

Le prix de vente à l’unité des masques chirurgicaux est plafonné à 95 centimes. Les masques en tissu, eux, en raison de la diversité des modèles, ne sont pas soumis à un encadrement des prix. Le gouvernement a également publié un tutoriel sur le site Info Coronavirus pour les Français qui voudraient fabriquer leurs propres masques.

  • Quelles sont les règles pour les rassemblements ?

Dix: c’est le nombre maximal de personnes autorisées pour un rassemblement, y compris privé. Les mariages et autres cérémonies sont donc reportés. Il sera possible de se rendre au cimetière, mais les cérémonies funéraires seront limitées à 20 personnes.

Les lieux de rassemblements tels que les cinémas et les salles de spectacle restent fermés. Les festivals estivaux comme les Solidays et les Vieilles Charrues, qui attirent chaque année des milliers de spectateurs, sont annulés.

  • Quelles limites pour les déplacements ?

Les déplacements dans l’espace public seront à nouveau autorisés à partir du 11 mai. La limite est d’un rayon de 100 km à vol d’oiseau de son domicile. Une règle qui ne s’applique que si on quitte son département de résidence. Se rendre dans un autre département ou une autre région est donc autorisé sans avoir à fournir de justificatif, du moment que le déplacement reste dans le périmètre établi. Au-delà, seuls les trajets «pour motif impérieux, familial ou professionnel» seront valables. Il faudra également être en mesure de prouver sa résidence avec, par exemple, une facture de gaz ou une quittance de loyer.

L’offre en transport restera réduite bien que plus importante que durant le confinement. Les TGV et intercités passeront de 7% à 20 à 30% le 11 mai (objectif: maximum 40 % max fin mai). Un siège sur deux sera interdit à la vente, selon Les Echos. Les billets devront être réservés et imprimés avant l’arrivée en gare afin de limiter les rassemblements. L’offre sera également réduite pour les trajets en avions, accessibles uniquement pour  des «motifs impérieux, familiaux et professionnels». Pour ce qui est de l’offre de transports de proximité, elle offrira dès lundi au minimum 50% des capacités habituelles, avec par exemple 75% pour la RATP en Île-de-France. L’objectif est un retour à la normale d’ici début juin.

  • Sera-t-il possible de partir en vacances d’été ?

Pour l’instant, rien n’a été arrêté sur les vacances d’été, l’exécutif se gardant le droit de statuer en juin, une fois la première phase du déconfinement passée. Emmanuel Macron semble pour l’instant cibler les déplacements à l’étranger, hors Union européenne, qui ne devraient pas être permis. «On va limiter les grands déplacements internationaux, même pendant les vacances d’été. On restera entre Européens, peut-être faudra-t-il réduire un peu plus», a‑t-il estimé lors de sa visite le 5 mai dans une école des Yvelines.

Pour l’instant les camping, bars et restaurants restent fermés au 11 mai. Il faudra attendre juin pour être fixé sur le calendrier de réouverture des établissements ayant une activité touristique, que semble vouloir limiter le gouvernement pour éviter toute propagation du virus. Selon une information du Parisien, un Conseil Interministériel du Tourisme doit se tenir à la mi-mai pour interroger les professionnels du secteur sur les conditions d’une reprise de l’activité.

  • Les enfants retourneront-ils à l’école ?

En visite mardi 5 mai à l’école Ronsard, à Poissy dans les Yvelines, le président à confirmé le calendrier du retour à l’école. Ce sont les écoles maternelles et primaires qui ouvriront leurs portes en premier : «Le 11 mai, dans la plupart des écoles, ce sera une journée de pré-rentrée, pour s’organiser entre soi. Le 12 ou le 14, on va accueillir progressivement les enfants», a expliqué Emmanuel Macron. Des directives confirmées par le ministre de l’Education nationale jeudi 7 mai.

Les collégiens (en commençant par les classes de 6e et de 5e) pourront reprendre le chemin des salles de classe à partir du 18 mai dans les départements où la circulation du virus est faible. Pour les lycée, il faudra attendre la fin du moi pour savoir si une ouverture en juin sera possible.

Le ministère sera «particulièrement attentifs» aux enfants en situation de handicap, à ceux personnels soignants sans solution de garde et aux enfants identifiés comme «décrocher» (4%), «qu’ils soient à l’école ou qu’ils suivent l’école à distance», a précisé le ministre.

Le retour en classe lundi n’est pourtant pas garantie pour tous. La décision étant confiée aux élus locaux, de certains maires ont déjà fait savoir leur intention de ne pas rouvrir les écoles le 11 mai. Ils craignent notamment de ne pas pouvoir mettre correctement en oeuvre le protocole sanitaire publié par l’Education nationale, qui encadre le bon déroulement du retour en classe selon des règles strictes. Un phénomène marginal selon Jean-Michel Blanquer qui indique jeudi «qu’entre 87% et 90% des communes ont préparé la rentrée pour la semaine prochaine».

  • Quel est le protocole sanitaire dans les écoles ?

Un protocole très strict a été mis en ligne sur le site de du ministère de l’Education nationale. Les élèves et les adultes devront respecter des distances physiques d’un mètre. Afin de rendre possible ce dispositif, la capacités d’accueil des établissements sont revues à la baisse : les salles de classe n’accueilleront que 15 élèves maximum (10 en maternelle).

Le port du masque sera obligatoire pour les adultes « au contact des enfants » et pour les élèves à partir de la 6e dans les espaces comme les couloirs où la distanciation sociale est difficilement applicable. Afin d’éviter les risques d’étouffement, le masque est «à proscrire» pour les maternelles et «déconseillé» pour les primaires.

Les espaces seront régulièrement nettoyés et le mater, les ballons et jeux de contact interdit dans la cour de récréation. Le «matériel collectif» (livres, dînettes, craies, crayons de couleur, etc.) est tout simplement supprimé.

Le lavage des mains est aussi au coeur des directives du ministère : à l’arrivée et avant le départ, avant et après chaque repas et chaque passage aux toilettes, après la récréation…

  • Quelles directives pour les personnes dites “vulnérables” ?

Pas de confinement obligatoire pour les personnes vulnérables après le 11 mai, même en IDF. Le premier ministre a fait tout de même appel à la responsabilité individuelle lors de l’annonce du plan de déconfinement : «Continuez à observer les règles de prudence très strictes qui ressemblent à celles des deux derniers mois (…) pour vous protéger et protéger les autres.»