Au Royaume-Uni, les minorités ethniques meurent davantage du Covid-19

Selon deux études britanniques, les minorités ethniques du Royaume-Uni sont plus enclines à mourir du virus que leurs homologues blancs. Les recherches pointent notamment le rôle de facteurs socio-économiques.

Les personnes noires, asiatiques, pakistanaises, indiennes et les autres minorités ethniques habitant au Royaume-Uni ont bien plus de chance de mourir du nouveau coronavirus que la moyenne des Britanniques. Deux études publiées jeudi montrent notamment le rôle des facteurs socio-économiques.

L’analyse du Bureau national de statistiques britannique (ONS) indique que les hommes et les femmes noirs ont, 4,2 fois pour les premiers et 4,3 fois pour les seconds, plus de chance de mourir du virus que leurs compatriotes blancs, et ce dans la même tranche d’âge.

Une autre étude de l’University College London (UCL) conclue que les minorités ethniques présentent deux à trois fois plus de risque de mourir du nouveau coronavirus que la moyenne. Selon elle, une personne d’origine pakistanaise a elle 3,29 fois plus de risques de mourir que la moyenne britannique. Les communautés bangladaises sont aussi très touchées (2,41 fois plus de risques), tout comme celles venues des Caraïbes (2,21 fois plus de risque). Les Indiens ont eux 1,7 fois plus de risque de mourir que la moyenne.

«Ce travail montre que, loin de frapper de façon égalitaire, le Covid-19 est disproportionnellement plus mortel» pour les minorités, a expliqué l’un des co-auteurs de l’étude d’UCL, Delan Devakumar. Il a jugé «essentiel de s’attaquer aux facteurs sociaux, économiques et aux freins dans l’accès aux soins qui conduisent à ces morts injustes.»

«Il reste un écart qu’on ne peut pas expliquer»

En prenant en comptes d’autres caractéristiques sociodémographiques comme la composition du ménage, les antécédents médicaux, la qualification professionnelle, la zone d’habitation ou encore la situation économique du foyer, le risque pour les personnes noires de mourir du virus reste tout de même 1,9 fois plus élevé que pour une personne blanche. «Ces résultats indiquent que la différence de mortalité entre les groupes ethniques est en partie causée par un désavantage socio-économique, mais il reste un écart qu’on ne peut pour l’instant pas expliquer», estime l’ONS.

Les chercheurs de l’université se sont concentrés sur les patients testés positif au virus et décédés dans les hôpitaux anglais entre le 1er mars et le 21 avril, recensés par le service public de santé britannique (NHS). Les chercheurs ont constaté en analysant les 16.271 décès dénombrés sur la période — pour lesquels les données sur l’ethnicité manquaient dans 10% des cas — que la population blanche avait moins de risque que la moyenne de mourir du Covid-19 en Angleterre.

Ces deux études font suite à des publications britanniques similaires. Début mai, l’Institut d’études fiscales (IFS) avait déjà relevé le fait que les minorités ethniques décédaient plus que les populations blanches à l’hôpital.