Concilier mobilité et sécurité à l’heure du déconfinement

Distribution de masques, aménagement de l’espace public, forte reprise des transports ou part belle au vélo… Les grandes villes de plus de 200 000 habitants organisent leur déconfinement.

Le confinement général en France représentait déjà un défi pour les municipalités. Le déconfinement ne s’annonce pas moins compliqué. Pour les grandes villes de plus de 200.000 habitants, les plus propices aux encombrements et à la propagation du virus, il est crucial de trouver l’équilibre entre sécurité et mobilité à l’approche du 11 mai.

La distribution de masques

La distribution de masque devient une priorité pour les édiles, qui veillent à ce que chaque habitant puissent en être dotés. À Paris, 2,2 millions de masques en tissu homologués seront distribués tandis que la remise en pharmacie sera conditionnée par la présentation d’une contremarque disponible sur le site de la ville.

À Strasbourg ou à Lille, on prévoit de distribuer un masque par habitant d’ici le 11 mai, et plusieurs millions de masques de protection sont commandés pour les travailleurs municipaux sur l’ensemble du territoire.

Ces derniers sont par ailleurs dotés de primes exceptionnelles de terrain pour reconnaissance du travail accompli aux agents qui ont assuré la continuité du service public. À Strasbourg ou dans la capitale, elles s’élèvent à 35 euros par jour de présence physique, soit 700 euros par mois. Elles concernent par exemple les éboueurs, les personnels des Ehpad, les agents de sécurité ou encore les personnels accueillant les enfants des soignants.

Le vélo : grand gagnant de ce déconfinement

Les mobilités douces, qui désignent l’ensemble des déplacements non motorisés, sortiront gagnantes du confinement quasi-total imposé pendant près de deux mois sur l’ensemble du territoire. À Paris, Lille et Bordeaux, on souhaite pérenniser la pratique du vélo et éviter la hausse de « l’autosolisme » (les déplacements, seuls, en voiture) comme le fait savoir la municipalité bordelaise, qui aménage des couloirs à vélos et plusieurs grands axes piétons.

À Paris, ce seront 50km de piste cyclable qui seront progressivement aménagés, à l’image de celle reliant Porte Maillot à La Défense, comme l’expliquent nos confrères du Parisien.

https://twitter.com/Anne_Hidalgo/status/1258317074285420544

Des mesures soutenues par le gouvernement, qui annonçait le 29 avril la mise en place d’un plan doté de 20 millions d’euros pour faciliter la pratique de la bicyclette, comme le rapporte Le Monde.

À Lille, où des mesures similaires sont entreprises, on ne table ainsi que sur un retour d’à peine 40% de ses usagers selon Ilévia, le réseau de transports de la métropole. À Lyon, le réseau TCL se prépare quant à lui à rapidement retrouver 70 à 80% de sa capacité. 

En Île-de-la France, où la charge virale est encore importante, les déplacements dans les transports en communs resteront limités aux motifs impérieux et le port du masque y sera obligatoire, sous peine d’une amende de 135 euros.

Une France bicolore

Rappelons que le premier ministre Edouard Phillippe présentait, jeudi 7 mai, une carte de France bicolore conditionnant le déconfinement prévu le 11 mai, séparant les départements «rouges», des «verts». Les grandes villes de Paris, Lille et Strasbourg sont ainsi classées rouge et ne verront pas réouvrir leurs parcs et jardins.

https://twitter.com/gouvernementFR/status/1258492506515406848

Les départements qui resteront verts pendant trois semaines consécutives, pourront quant à eux faire examiner la possible réouverture des lycées, mais également des cafés et restaurants, qui sont toujours fermés jusqu’à nouvel ordre.