Chômage, production, dette : l’impact du confinement sur l’économie

Alors que la France se déconfine progressivement depuis ce matin, ses indicateurs montrent qu'en parallèle de la crise sanitaire, émerge une crise économique sans précédent. Chômage, croissance, dette, coup d'oeil sur le baromètre du budget français.

Après 55 jours de confinement, quel bilan économique pour la France ? La décision d’assigner à résidence la quasi-totalité de la population a eu de lourdes conséquences sur la trésorerie du pays. Hausse du chômage, baisse du PIB, trou abyssal de la sécurité sociale ; au premier jour du déconfinement, ce lundi, voici cinq indicateurs à retenir pour comprendre la dégradation du budget à laquelle le gouvernement doit faire face.

Augmentation des chiffres du chômage et du chômage partiel

Résultat direct du confinement, plus de 12 millions de Français auront vécu une période de chômage partiel. Pour éviter le recours aux licenciements massifs, le gouvernement a débloqué 24 milliards d’euros pour soutenir les entreprises. Cette mesure a permis, entre autres, aux salariés en activité partielle, d’être rémunérés à 84% de leur salaire habituel.

Concernant les chômeurs de catégorie A, Pôle Emploi et la DARES indiquent avoir enregistré la plus forte hausse d’inscriptions depuis 1996, avec 246 000 inscrits supplémentaires, soit une hausse de 7,1%.

Les institutions justifient cette hausse principalement par la « la mise en place du confinement ayant conduit à des non-renouvellements [de contrats intérimaires ou de contrats courts] ainsi qu’à de moindres nouvelles embauches de courte durée ».

 

Chute du PIB

Pendant les 55 jours qu’ont duré le confinement en France, un recul de 8% du PIB a été enregistré. Moins de production, donc moins de revenus pour l’Etat. Dès la mi-avril, Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics, tablait sur une dégradation de 9% du déficit public. Au même moment, la France continuait de s’endetter, à 115% de son PIB.

 

Arrêt net de la création d’entreprises

Dans le contexte actuel, les Français ne veulent pas se lancer à leur compte. D’après les chiffres de l’Insee, le mois de mars a enregistré un recul de 25,5% du nombre de créations d’entreprise. Son niveau le plus bas depuis deux ans et demi.

 

61 milliards d’euros de prêts garantis par l’État

Nombreuses sont les entreprises qui ont dû limiter leur activité pendant le confinement. Elles font désormais face des problèmes de trésorerie. Afin de pallier leurs difficultés, le gouvernement recourt massivement aux Prêts garantis par l’État (PGE). Ces prêts, remboursables sur six ans, sont limités à trois mois de chiffres d’affaires et leur taux d’intérêt se situe à 0,25% la première année.

Au 5 mai, 378 321 entreprises en ont déjà bénéficié, selon la Banque publique d’investissement, pour un total de plus de 60 milliards d’euros. Parmi les secteurs les plus touchés, les garagistes, l’hôtellerie-restauration et les métiers de la construction.

 

Le gouffre abyssal de la sécurité sociale

Le « trou » de la sécurité sociale atteint désormais les 41 milliards d’euros. Un plongeon historique, bien en-dessous des 28 milliards records enregistrés en 2010, deux ans après la crise financière.

Cette chute vertigineuse a plusieurs origines. Parmi elles, le report des charges patronales, à hauteur de 14 milliards d’euros. Le gouvernement espérait dans un premier temps que celles-ci seraient payées d’ici la fin de l’année, mais ce ne sera pas le cas, a indiqué Gérald Darmanin. Autres sources de revenues asséchées avec la crise : les cotisations et la CSG, pour un total de 11 milliards d’euros, conséquence directe du ralentissement de l’activité et de la baisse de ‑7,5% de la masse salariale. S’ajoute à cela, 8 milliards d’euros de dépenses supplémentaires pour les hôpitaux et organismes en charge de la santé publique.