Déconfinement : comment la lutte contre le coronavirus continue

Les dispositifs de surveillance épidémiologique vont perdurer afin d'éviter une deuxième vague de contaminations. De nouveaux systèmes sont mis en place spécifiquement pour les premières semaines du déconfinement.

La fin du confinement n’est pas celle du virus. Pour éviter une deuxième vague de contamination, la lutte contre le covid-19 se poursuit, malgré la levée de nombreuses interdictions ce lundi. “Les enjeux aujourd’hui, c’est d’éviter qu’on ait à nouveau un nombre de cas très importants qui seraient susceptibles de saturer à nouveau nos services d’urgence” expliquait Odile Launay, infectiologue et cheffe de service à l’hôpital Cochin (Paris), dans la matinée sur RTL. Les autorités ont mis en place plusieurs dispositifs, mobilisant médecins, applications et numéros d’appels pour repérer, tracer et prévenir les nouvelles contagions.

  • Traçage : médecins et « brigades » en première ligne 

À partir d’aujourd’hui, chaque patient diagnostiqué positif au coronavirus sera recontacté par son médecin. Celui-ci a pour mission d’identifier toutes les personnes avec qui le malade a eu un échange d’au moins quinze minutes, à moins d’un mètre, depuis quarante-huit heures avant l’apparition des symptômes. L’objectif est de briser les chaînes de transmission.

Pour cette opération de taille, les médecins généralistes sont en première ligne. Mais ils ne sont pas seuls. Des “brigades”, constituées de milliers d’agents de l’Assurance-maladie et des agences régionales de santé (ARS), doivent venir en renfort pour compléter le travail. Dès ce lundi, 4000 salariés de l’Assurance-maladie ont été affectés à ces plateformes d’appel sur toute la France.

  • StopCovid, l’application controversée

Installée sur la base du volontariat sur nos smartphones, l’application StopCovid a pour finalité de pister des malades et des personnes susceptibles d’avoir été infectées. C’est le même principe de “contact tracing,” ou “suivi de contact” fait par les médecins et “brigades”. Avec l’application, ce traçage s’effectuera à travers les téléphones portables.

Les tests pour l’application commencent à partir de cette semaine. Édouard Philippe souhaite que le projet de loi soit présenté et voté au Parlement la semaine du 25 mai, puis déployé en France à partir du 2 juin. Ce système pose d’importantes questions pour le respect de la vie privée et contient un risque de détournement. Dans une tribune parue dans Le Monde, des spécialistes du numérique estiment que le dispositif “entraînerait un recul fondamental en matière de libertés”.

  • Des sites d’information

Le site de l’APHP maladiecoronavirus.fr, qui oriente les malades inquiets depuis le début de l’épidémie,  propose désormais un nouveau service, pensé pour le déconfinement. Profil à risque ? Symptômes ? En contact avec des personnes fragiles ? Le site propose un test qui permet de guider l’utilisateur vers un report — ou non — de son déconfinement.

“On peut se perdre dans le foisonnement d’informations sur la maladie, met en garde Patrick Lemonnier, de l’Alliance Digitale Contre le Covid-19, à l’origine du site. L’idée est de pouvoir disposer d’un site qui permet de s’autoévaluer, et d’avoir une information plus fiable en fonction de sa situation propre.”

Un nouveau portail permet également aux Français de mieux se renseigner. Lancé par la même Alliance digitale contre le Covid-19, OutilsCoronavirus.fr a pour mission d’offrir une information médicale simple et accessible à tous, mais surtout aux personnes souffrant de pathologies telles que des maladies respiratoires chroniques ou du diabète. Il permet par exemple de vérifier si la prise d’un médicament spécifique présente un risque d’aggravation.

  • AlloCOVID,  l“agent virtuel”

Et si, malgré les précautions, je commence à développer des symptômes ? Même après le déconfinement, il sera possible de contacter AlloCOVID en cas de doute sur son état au 0 806 800 540 sept jours sur sept et 24 heures sur 24, au prix d’un appel normal. Les personnes qui appellent sont mises en relation avec un agent virtuel “intelligent” qui les oriente en fonction des informations médicales transmises.

Autre aspect important dans ce dispositif lancé par des chercheurs : il vient complémenter le recueil de données, pour assurer un suivi en temps réel de l’épidémie partout en France. Les données anonymes récupérées par AlloCOVID sont transmises quotidiennement à Santé Publique France, qui assure la centralisation des données récoltées et présente un point épidémiologique hebdomadaire. Une présentation désormais destinée à photographier l’évolution de l’épidémie lors des premières semaines du déconfinement.