Vélo : le meilleur ami du déconfinement

Nouvelles pistes cyclables, 50 € d’aide pour réparer son vélo, 400 € de “forfait mobilités durables” pour les salariés… Pour freiner la propagation du virus, le gouvernement et de nombreuses mairies incitent à privilégier le vélo face aux transports en commun. 

“Des appels pour la réparation vélo ? Je n’ai eu que ça depuis ce matin ! 250 appels au moins…” s’exclame un responsable du magasin Décathlon de la Défense, à Puteaux (Hauts-de-Seine). La raison de tous ces appels : une aide de l’Etat de 50 € pour réparer son vélo. La plateforme www.coupdepoucevelo.fr, répertorie les réparateurs professionnels.

“Nous voulons que cette période fasse franchir une étape dans la culture vélo, et que la bicyclette soit la petite reine du déconfinement.” Élisabeth Borne, ministre de la Transition écologique.

L’objectif du gouvernement est de remettre en route environ 300 000 bicyclettes. “Nous voulons que cette période fasse franchir une étape dans la culture vélo, et que la bicyclette soit la petite reine du déconfinement”, a déclaré fin avril la ministre de la Transition écologique, Élisabeth Borne. Pour lutter contre la propagation du coronavirus dans les transports en communs et limiter la recrudescence de la pollution de l’air, beaucoup de responsables politiques misent sur le développement du vélo.

“C’est un moyen détourné de lutter contre le virus, concède M. Leroy, propriétaire du magasin Cycles La Gazelle, à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). Et c’est bon pour la santé : il paraît que la plupart des gens vivent à entre 4 et 5 km de leur boulot… pas besoin d’être champion du monde de vélo pour faire le trajet !” 

Capture d’écran du site www.coupdepoucevelo.fr

Son magasin a commencé dès hier les premières réparations payées en partie ou en totalité grâce au forfait de 50 €. Mais M. Leroy se plaint de la lenteur du processus de facturation, “on met facile 10 minutes”, et s’inquiète de ne pas savoir quand l’Etat remboursera les ateliers. 20 millions d’euros au total doivent être investis dans l’ambitieux plan vélo du gouvernement, annoncé fin avril.

Pistes cyclables temporaires et aides à l’achat

À l’échelle locale, les élus ont également travaillé sur de nombreuses incitations. “Du fait que l’usage du vélo est en soi un geste barrière, un certain nombre de communes ont pris des dispositions pour faire des pistes cyclables provisoires : à Paris, Nantes, Strasbourg, Montpellier, Tours…”, énumère Anne-Sybille Riguidel, de la Fédération française des Usagers de la Bicyclette (FUB). Elle espère que le déconfinement “va être une preuve par l’usage” des bienfaits du vélo.

Carte des pistes cyclables temporaires en Île-de-France. En rouge : les pistes existantes. En jaune : les pistes temporaires. En noir : les pistes en projet. Source : https://velo-iledefrance.fr/

À Paris, “50 km de voies cyclables supplémentaires dans Paris et une centaine de kilomètres supplémentaires dans les départements de la petite couronne viendront compléter le réseau existant”, détaille la mairie. La célèbre rue de Rivoli sera par exemple réservée aux vélos, piétons et véhicules autorisés. Le site https://velo-iledefrance.fr/ établit la carte des pistes temporaire en Île-de-France.

Si vous souhaitez investir dans un vélo à assistance électrique (VAE), différentes aides financières existent à travers tout le territoire. Depuis fin février, les Franciliens ayant acheté un VAE après le 1er décembre 2019, peuvent demander une subvention allant jusqu’à 500 €. Les métropoles lyonnaises et marseillaises offrent des primes du même ordre de grandeur.

Un franc succès dès le 11 mai

Les Français vont-ils être convaincus par ces initiatives ? Des premiers signes sont encourageants. À Paris, dès le premier jour du déconfinement, la plateforme de vélos en libre-service Vélib’, a enregistré un bon de fréquentation record : 75 700 courses réalisées !

Nombre de trajets quotidiens effectués grâce à un Vélib’ en région parisienne en 2020. Source : http://blog.velib-metropole.fr/blog/2018/10/23/la-situation-velib/

Pour repère, environ 85 000 trajets en Vélib’ étaient effectués par jour avant le confinement ; 15 000 trajets pendant. Début mai, le syndicat Vélib’ métropole s’est engagé à augmenter sa flotte de vélos de 15 % dès le 11 mai, “en vue d’anticiper les fortes affluences d’usagers”.

“Je vous conseille de venir tôt. Il y a eu jusqu’à 3 h d’attente devant le magasin.” Clémence, vendeuse à Décathlon.

Côté réparations, le succès semble être au rendez-vous. Dès hier, les cyclistes ont fait la queue pour accéder aux ateliers. “Je vous conseille de venir tôt. Il y a eu jusqu’à 3 h d’attente devant le magasin” prévient Clémence, vendeuse au Décathlon de Saint-Denis.

“Un pote m’a filé un vélo de sa cave. J’ai calculé qu’avec les 50 € je peux changer la selle et les freins, c’est génial !”, se réjouit Victoria, étudiante à Paris. La jeune femme a l’habitude de se rendre à l’école avec un petit vélo rouge, mais cette nouvelle bicyclette va lui permettre de parcourir de plus longues distances. Hors de question désormais de prendre les transports en commun, “avec un virus potentiellement mortel en circulation”, assure-t-elle.