Confinement : un quart des fumeurs a augmenté sa consommation de tabac

Plus d'un quart des fumeurs a davantage fumé durant le confinement lié à l'épidémie du coronavirus. Près d'un quart d'usagers d'alcool déclare au contraire avoir moins bu, selon une enquête de l'agence sanitaire Santé publique France.

Plus de cigarettes mais moins d’alcool. Voilà comment on peut résumer la dernière enquête de Santé publique France (SpF), qui a étudié l’évolution de la consommation de tabac et d’alcool durant le confinement.

Selon l’enquête, publiée ce mercredi, 27% des fumeurs interrogés déclarent avoir augmenté leur consommation de tabac depuis le confinement. Plus de la moitié la juge stable et pour 19%, elle a diminué.

Pour les fumeurs quotidiens — 94 % des fumeurs interrogés — la hausse moyenne du nombre de cigarettes fumées est de cinq par jour. Les 25–34 ans et les personnes en télétravail sont les premiers à indiquer avoir fumé plus fréquemment.

“L’ennui, le manque d’activité, le stress et le plaisir sont les principales raisons mentionnées par les fumeurs ou usagers d’alcool ayant augmenté leur consommation. On note également que l’augmentation aussi bien pour le tabac que pour l’alcool est corrélée au risque d’anxiété et de dépression” indique Mme Viêt Nguyen Thanh, responsable de l’unité addictions, à la direction de la prévention et de la promotion de la santé à SpF.

Baisse de la consommation d’alcool

Le versant alcool “semble moins défavorable, avec environ un consommateur sur dix déclarant avoir augmenté sa consommation”, selon l’agence sanitaire. L’augmentation de la consommation d’alcool est plus fréquemment mentionnée par les moins de 50 ans, les habitants de villes de plus de 100.000 habitants et les parents d’enfants de moins de 16 ans.

Au total, 11% de l’échantillon interrogé déclare une augmentation de sa consommation d’alcool depuis le confinement, 65% la dit stable, et 24% pense qu’elle a diminuée.

Les dispositifs d’aide contre les addictions moins sollicités

C’est peut-être un effet de sidération dû au début du confinement qui a entraîné une baisse du recours aux dispositifs d’aide pour lutter contre l’alcool et le tabac.

Selon Tabac info Service, les appels reçus au 3989 ont baissé de 19% entre mars 2019 et 2020 et de 15% entre avril 2019 et 2020. SpF rediffuse en mai une campagne sur les réseaux sociaux pour inciter à utiliser la ligne d’aide.

À l’inverse, si les sollicitations d’Alcool info Service (appels, chats et questions-réponses) ont baissé de 12%  entre février et mars, une augmentation de 27% a été relevée en avril pour retrouver un niveau habituel. De quoi voir le verre à moitié plein.