Caméra de surveillance

La détection automatique des masques dans le métro parisien remise en cause

Pour s'assurer que les usagers de la RATP portent bien un masque, obligatoire dans les transports parisiens, une technologie de reconnaissance faciale est déployée depuis le 11 mai dans la station Châtelet-Les Halles.

 

Vérifier si les franciliens sont bien masqués. C’est le but de l’expérimentation controversée qui a débuté au premier jour du déconfinement dans la station de métro parisienne de Châtelet-Les Halles.

Six caméras déjà présente — bientôt le double — sont équipées d’un boîtier connecté à une salle de contrôle. Elles informent “jour après jour, de l’évolution du taux de port du masque dans les espaces concernés”, afin, selon la RATP de garantir “la sécurité de tous dans les transports dans le cadre du déconfinement”. En place durant trois mois, les caméra permettront de mesurer en temps réel le taux d’adoption de la protection faciale dans cette gigantesque station riche en données.

 

“nous ne stockons pas d’images ou de données”

Cette expérience soulève le débat. Selon la Ligue des droits de l’Homme, la “démultiplication des solutions technologiques à des fins de surveillance” est très dangereuse. Pour Martin Drago, l’opération n’est tout simplement pas légale : “cet algorithme va traiter des données biométriques pour voir si vous avez un masque ou pas, ce que le règlement général sur la protection des données (RGPD) de l’Union européenne interdit, sauf si les personnes concernées sont consentantes ou si une loi spécifique est adoptée”, rappelle-t-il.

La Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil), garante du respect des données personnelles, a toutefois “été informée à titre indicatif” rétorque le réseau de transport parisien. Il soutient que “la législation notamment européenne n’impose pas d’autorisation préalable pour ce dispositif car nous ne stockons pas d’images ou de données.”

Cette même technologie, développée par la start-up parisienne DatakaLab, est utilisée à Cannes et a permis à la mairie de lancer une campagne de distribution de masques et des opérations de sensibilisation. À Paris, le dispositif pourrait aussi déboucher sur des actions de prévention mais, d’après la RATP, en aucun cas sur une campagne de verbalisation des contrevenants.