Aide alimentaire : le nombre de bénéficiaires a doublé

La secrétaire générale des Secours Populaire, Henriette Steinberg a annoncé mercredi une augmentation de 45% des bénéficiaires de la banque alimentaire. Une affluence dûe à la crise économique liée au coronavirus.

« Habituellement on fait une trentaine de colis, trois fois par semaine et là on s’est retrouvé à faire 60 colis pour un accueil par semaine » affirme Danielle, bénévole aux Secours Populaire de Vitry-sur-Seine ( Val-de-Marne). Sur les sites des banques alimentaires, beaucoup de nouveaux visages se sont présentés pour obtenir un panier repas.

Au cours de leur distribution, les Secours Populaire de Vitry n’ont fait « que des colis alimentaire d’urgence » se désole Danielle. Elle s’occupe notamment de tenir à jour le fichier du nombre de bénéficiaires et a noté une augmentation de « 30% de familles en plus sachant qu’on a pas touché toutes les personnes dans le besoin car beaucoup nous croyait fermé ».

Parmi les nouveaux profils, la retraitée remarque « des intérimaires qui n’ont pas pu bénéficier de la moindre compensation (…) toutes les personnes qui font des petits boulots et aussi les personnes qui n’ont pas de titre de séjour et qui d’habitude se débrouillent pour manger. ». D’autres ont été envoyés « par le samu social, les assistances sociales du département ou de la ville » explique Danielle. «On a aussi dépanné un centre d’hébergement de jeunes travailleurs sur la demande de leurs responsables (…), des campements de moldaves et de roms de la commune qui sont cantonnés à cause de l’épidémie ».

Elle admet que la situation a été difficile à gérer : « on a du retourner plus souvent que d’habitude à l’entrepôt de Thiais (94) pour se ravitailler ». Mais l’association a tenu bon tout au long du confinement « grâce à de jeunes bénévoles qui sont venus nous aider (…) des dons de particuliers qui sont venus nous porter de l’aide alimentaire ». Elle s’émue de la solidarité qui s’est développée au cours de cette période difficile.

Même constat pour Monique, bénévole aux restos du cœur depuis 21 ans : « Sur les restos en règle général, nous sommes entre 20 et 25% d’augmentation des bénéficiaires ». Des personnes occupant des contrats courts et touchés de plein fouet par la crise économique mais aussi « beaucoup de familles qui se sont retrouvées vraiment en détresse. Quand vous avez 4–5 enfants qui mangent à la cantine pour un minimum d’argent et se retrouvent à la maison, ils ne mangent pas à leur faim » s’alarme cette femme au grand cœur.

Pour gérer l’afflux inhabituel, il a fallu s’organiser : «  d’abord pour gérer les bénévoles confinés qui ne pouvaient plus venir sur les sites. Pour cela, les restos du cœur ont crée des cellules de crise pour permettre aux citoyens qui avaient envie de prêter main forte de s’inscrire et en fonction de chaque site les responsables demandaient des renforts ou pas ». C’est grâce à l’élan de solidarité des nouvelles inscriptions que « les restos du cœur sont bien restés en poste tout le long du confinement ».

Ainsi, à République, Monique avance : « nous avons accueilli 600 personnes alors qu’habituellement c’est 300–350 donc ça a doublé ». Certains centres se sont vus pris d’assaut car la banque alimentaire ne demandait plus de respecter certains critères en fonction des sites : familles avec enfants, plus de 60 ans, handicapées.

La foule se précipite toujours aux banques alimentaires après le déconfinement. Mais la peur des bénéficiaires redoublent avec les contrôles selon Monique qui raconte : « Les gens que j’ai rencontré dernièrement étaient très inquiets du contrôle dans les transports car les distributions se font en heure de pointe ». Elle indique « Nous on commence à 20h donc ils ont une heure puisqu’à partir de 19h vous pouvez prendre les transports sans dérogation ». Une heure pour arriver sur les sites et espérer recevoir un colis alimentaire vital pour ces familles précaires victimes de la crise.