Coronavirus : à quand les effets du déconfinement ?

En cette première semaine de retour à la normale, l'impact du déconfinement ne sera visible qu'au terme de plusieurs semaines.

Nouvelle vague ou fin de l’épidémie ? Depuis le lundi 11 mai, la France est déconfinée. Plus d’un million d’enfants ont repris le chemin de l’école et de nombreux actifs ont retrouvé les transports en commun. Un retour à la normale qui risquerait de raviver l’épidémie, en baisse continuelle depuis plusieurs semaines.

Doit-on alors craindre une résurgence de contaminations ? Réponse d’ici une quinzaine de jours minimum, estime l’institut Pasteur. Pour calculer cette durée, plusieurs éléments sont à prendre en compte.

Des résultats pas avant fin mai

Il faut d’abord compter 5 ou 6 jours d’incubation, c’est-à-dire la période entre la contamination et l’apparition des premiers symptômes. Compter ensuite le temps de se faire diagnostiquer, dépister, d’obtenir les résultats puis de les transmettre aux instances qui recensent quotidiennement le nombre de cas Covid-19.

Les premiers résultats du déconfinement devraient donc être visibles entre fin mai et début juin. Date à laquelle l’exécutif devrait faire un nouveau bilan de situation sur l’avancée de la maladie. À titre de comparaison, le confinement a été un bon indicateur. Mis en place dès le 17 mars, les impacts positifs n’ont commencé à être visibles que 14 jours plus tard.

Une 2e vague pas systématique

Certains scientifiques estiment les effets du déconfinement à une date encore ultérieure. “Pour revoir le virus circuler dans la population française, il va falloir attendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois”, a assuré la virologue Anne Goffard, le 3 mai dernier sur France Inter.

Plusieurs études récentes menées conjointement par différents pays laissent entendre que la propagation du coronavirus va  “probablement” générée une deuxième vague, “au plus tôt fin août”, ou bien “plus tard dans l’automne, en octobre ou en novembre”, ajoute-t-elle.

Pour autant, cette deuxième salve épidémique n’est pas systématique. Déconfinée depuis trois semaines, l’Allemagne ne connait pour l’instant pas de deuxième vague, malgré l’apparition de nouveaux foyers de contamination circonscrits à des zones très localisées.

À l’inverse, des scientifiques estiment que le virus pourrait s’affaiblir avec l’arrivée des beaux jours et des fortes chaleurs. “Ce type de virus respiratoire diminue très largement au moment de l’été. Est-ce que le nouveau coronavirus aura cette saisonnalité : il y a un certain nombre d’indices qui le suggère”, a noté le président du Conseil scientifique Jean-François Delfraissy. Des suppositions qui restent pour l’instant de l’ordre de l’hypothèse.