Coronavirus : un nouveau médicament va être testé contre le covid-19

L'ABX464 pourrait freiner la propagation du virus, mais aussi avoir "un triple effet potentiel, anti-viral, anti-inflammatoire et de réparation tissulaire". Un nouvel espoir pour prévenir les décès liés à l'infection.

Feu vert pour le lancement d’un nouvel essai clinique. La société française de biopharmaceutique Abivax annonce ce jeudi avoir obtenu l’autorisation du comité d’éthique et de l’Agence nationale de sécurité du médicament pour tester son médicament ABX464 contre le covid-19 sur 1034 patients.

“Le mécanisme d’action anti-inflammatoire d’ABX464 pourrait contribuer à prévenir et traiter l’« orage cytokinique » et l’hyper-inflammation”, annonce le communiqué. Ces deux réactions sont le fruit d’un emballement du système immunitaire. Face à un virus comme SARS-CoV‑2, un “orage cytokinique” ou “tempête hyper-inflammatoire” peut se déclencher et entraîner plusieurs insuffisances, notamment respiratoires via le syndrome de détresse respiratoire aiguë. Ces insuffisances peuvent ensuite entraîner la mort.

De “nouvelles données montrent qu’ABX464 inhibe la réplication virale du SARS-CoV‑2 in vitro”, affirme Abivax. La molécule testée pourrait donc freiner la propagation du virus, mais aussi avoir de “réparation tissulaire”, vante la société.

L’entreprise de biotechnologie, spécialisée dans la recherche sur les maladies inflammatoires, le cancer et les maladies virales a testé le ABX464 sur une autre maladie inflammatoire sévère : la rectocolite hémorragique dans une première phase d’essai clinique concluante : “l’administration quotidienne par voie orale d’ABX464 a démontré une efficacité impressionnante”, écrit-elle, appuyant “l’hypothèse d’un effet puissant d’ABX464 pour traiter l’” orage cytokinique” et le syndrome d’hyper-inflammation”. 

Testé en France et en Europe

La société annonce que le test se réalisera dans 50 centres “d’investigation clinique français et européens traitant précocement des patients de covid-19 à hauts risques de complications”. Abivax va les sélectionner et conduire dans leur sein cet essai clinique “de manière randomisée, en double aveugle et contrôlée contre placebo”.

Concrètement, les différents groupes seront définis de manière aléatoire. Par la suite, ni le patient, ni le médecin ne sauront si le malade se verra administrer le fameux médicament ou un simple placebo. Un protocole rigoureux destiné à écarter les biais dans l’interprétation des résultats. Des “discussions” sont en “cours de finalisation avec Bpifrance et le Secrétariat Général” pour établir le financement du projet, ajoute le communiqué.