Polémique Sanofi : un vaccin « accessible à tous »… sous conditions

Mercredi, le président du groupe pharmaceutique affirmait qu'il donnerait un accès privilégié aux Etats-Unis, partenaires privilégiés dans la recherche.

Marche arrière. L’éventuel vaccin contre le covid-19 ne sera finalement pas distribué en priorité aux États-Unis, affirme ce jeudi matin le responsable français de Sanofi, Olivier Bogillot. Cette annonce vient contredire les propos du directeur général du géant pharmaceutique tenus la veille au soir. Ce dernier certifiait que son laboratoire servirait « en premier » les Américains qui « partage[nt] le risque » des recherches.

Une condition persisterait toutefois, selon le responsable français. Il faudrait que l’Europe mette aussi des moyens de production sur la table, à l’instar des États-Unis. « Les Américains sont efficaces en cette période. Il faut que l’UE soit aussi efficace en nous aidant à mettre à disposition très vite ce vaccin », argue-t-il.

“ce serait inacceptable”

L’Europe en aurait les capacités, tout comme la France, assure Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’État à l’économie, au micro de Sud Radio. Cela ne devrait cependant pas être une condition à l’accès au vaccin. « Pour nous, ce serait inacceptable qu’il y ait un accès privilégié de tel ou tel pays sous un prétexte qui serait un prétexte pécuniaire », fustige-t-elle.

La date de disponibilité d’un éventuel vaccin n’est toujours pas connue à l’heure actuelle. L’Université d’Oxford évoque l’automne, tandis que l’Agence européenne du médicament envisage jusqu’à 24 mois de recherches nécessaires.