Etude Discovery : la France marche seule

Emmanuel Macron avait promis les premiers résultats de l’étude Discovery pour le 14 mai. Mais ce jeudi, rien n’a été communiqué à ce sujet.

Malgré la promesse du président de la République, aucun résultat sur l’essai Discovery, lancé le 22 mars, ne sera communiqué jeudi. L’objectif était ambitieux : réunir 3 200 patients issus de sept pays européens atteints du coronavirus pour tester l’effet de quatre traitements. Trois semaines plus tard, la France est le seul pays à avoir activement participé, avec 742 patients enrôlés. 

Le comité indépendant d’évaluation des données s’est réuni lundi et a pris la décision de continuer l’étude Discovery, sans présenter aucun résultat. L’organisme veut “plus de résultats sur le suivi à long terme des patients”, confie la professeure France Mentré, responsable méthodologique de Discovery, au Journal du Dimanche. “Pour l’heure, je n’ai donc aucune idée ni des tendances, ni de l’efficacité ou de la toxicité d’un des médicaments testés”. 

Un manque de coopération européenne

 “Si les Européens avaient travaillé aussi vite que prévu, on aurait des résultats”, harangue l’épidémiologiste. Le manque de coordination et une multiplication contreproductive du nombre d’essais à travers le monde auraient ralenti le projet. 

La scientifique ne perd pourtant pas espoir : “Les questions scientifiques qu’on se pose restent pertinentes”. Elle espère que plusieurs pays incluront leurs premiers patients dans les semaines à venir, ce qui permettrait de finir l’étude avant juillet. Le comité indépendant d’évaluation des données fera un nouveau point le 3 juin.