Un restaurant sur quatre en danger : 80 chefs interpellent le gouvernement

Quatre-vingt acteurs de la restauration et de la gastronomie, dont le chef étoilé Régis Marcon, s'associent pour solliciter des "mesures d'urgence temporaires" afin d'aider à rouvrir les restaurants.

Une lettre de détresse. Régis Marcon, chef trois étoiles du restaurant Le Clos des Cimes à Saint-Bonnet-le-Froid (Haute-Loire) et 80 autres personnalités de la gastronomie et de la restauration s’adressent au chef de l’Etat, ce jeudi, alors que le gouvernement s’apprête à présenter le protocole sanitaire que vont devoir respecter cafés, bars et restaurants.

Une TVA à 5,5 %

La demande principale du courrier est une “réduction temporaire” de la TVA de 10% à 5,5% pour aider les restaurants à rouvrir. Une mesure “hyper intéressante, selon Régis Marcon, parce qu’elle relance à la fois la consommation et évite l’effet boomerang.” “Plus de 25%” des restaurants pourraient ne pas survivre à cette période, selon les acteurs de la restauration, signataires de cette lettre ouverte. La lettre sollicite également le maintien du chômage partiel et l’exonération des charges patronales jusqu’à fin 2020.

Quatre mètres carrés par client

L’autre grande inconnue pour les restaurateurs concerne le respect de la distanciation physique dans leur établissement. Régis Marcon se dit “très anxieux” à l’idée du protocole sanitaire qui va être défini par l’État aujourd’hui. Il s’inquiète notamment d’un “copier-coller du protocole du commerçant”, qui préconise un espace de quatre mètres carrés par client. L’application de cette mesure serait désastreuse et empêcherait de nombreux chefs de rouvrir. Le chef étoilé a fait ses calculs :  “Je peux faire 50 couverts en temps normal. Avec la règle des quatre mètres carrés par client, je ne vais pouvoir en faire que huit.”

“Le plus difficile est à venir”, estiment les restaurateurs, qui ne savent pas encore quand ils pourront rouvrir.  Ils anticipent “une baisse durable” de leur chiffre d’affaires due “aux mesures sanitaires, à la baisse du pouvoir d’achat, à l’absence de touristes sur le sol français” ces prochains mois. De son côté, Régis Marcon se dit prêt à rouvrir. “Les règles d’hygiène font partie de notre quotidien”, rappelle-t-il. Ouvert à l’échange, il espère trouver “la solution idéale” pour ses clients, mais aussi pour ses collaborateurs.