Application de traçage des malades : que font nos voisins européens ?

Alors qu'en France l'application "Stop-Covid" est toujours en développement, de nombreux pays européens proposent déjà des systèmes similaires dans le but d'identifier les personnes atteintes du Covid-19.

Le recours à une application mobile pour réduire la transmission du nouveau coronavirus Covid-19 s’est rapidement imposé à travers l’Europe. En France, l’application “Stop-Covid” devrait être disponible début juin, malgré de nombreuses critiques sur la protection de la vie privée notamment.

  • La première application en Autriche

L’Autriche a fait très vite. Depuis le 25 mars, l’application “Stopp Corona-App” est disponible. Son modèle se rapproche de ce à quoi devrait ressembler le “Stop-Covid” français. Un système bluetooth, qui permet d’enregistrer les contacts croisés et de les prévenir en cas de dépistage positif. 6% des autrichiens ont adopté cette application. On est loin d’une utilisation par 65% de la population, préconisée par les scientifiques, pour que le système soit efficace.

  • L’Islande mise sur le GPS

En Islande, l’application “Rakning C‑19” permet d’enregistrer les déplacements de ses utilisateurs, grâce à un suivi GPS. Si une personne est testée positive au virus, elle peut alerter les autorités sanitaires en transmettant ses déplacements. L’application a été téléchargée par 38% des Islandais. C’est encore insuffisant, même si l’épidémie semble être endiguée sur l’île.

  • Un format hybride en Norvège

La Norvège n’en est qu’à la phase de test. Déployée dans trois communes du royaume, l’application “Smittestopp” utilise à la fois le GPS pour tracer les déplacements, mais aussi le Bluetooth, pour recenser les personnes croisées. Si l’une d’elle tombe malade, l’utilisateur reçoit un SMS. Un élargissement est prévu à l’échelle du pays. Bien qu’elle ne soit qu’en phase de test, l’application est alimentée par 17% de la population norvégienne.

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  • La République Tchèque recense les “zones à risques”

En République Tchèque, ce sont deux applications qui permettent le traçage des malades. La première, “eRouska”, lancée début avril, est une application de traçage par Bluetooth, similaire à celle de l’Autriche. Mais les autorités l’ont couplée avec un autre système, qui permet la géolocalisation, sur la base du populaire service local de cartographie “Mapy.cz”. Ce programme permet aux autorités de définir des zones à risques de contamination et donc, des zones à éviter. Pour le moment, à peine un des 10,5 millions d’habitants qui peuplent la République Tchèque utilisent la fonction coronavirus de Mapy.cz. eRouska n’aurait été téléchargée que par 200 000 Tchèques. C’est insuffisant pour que l’application soit efficace.

  • L’Île de Wight, cobaye au Royaume-Uni

Les britannique ont décidé de tester leur application à l’échelle de l’Île de Wight, située au large du sud de l’Angleterre. Lancée début mai, cette application a été développée par le National Health Service (NHS). Bien que son utilisation soit basée sur le volontariat, le gouvernement britannique pousse les 141 538 habitants confinés de l’île à “faire leur devoir”.  Le NHS a choisi de miser sur la technologie Bluetooth, moins intrusive que le GPS. Si une personne est infectée, elle le signale sur l’application qui envoie un signal à toutes les personnes récemment rencontrées. Elles sont alors invitées à se faire tester. L’objectif pour le Royaume-Uni est de généraliser son utilisation à l’ensemble du pays avant début juin et que 80% de la population utilise l’application.

  • La Belgique et la Suède ont refusé tout système de traçage

Un certain nombre de pays européen a d’ores et déjà écarté l’idée d’une application de traçage. À commencer par la Belgique, où un suivi manuel des patients est en vigueur. Quant à la Suède, où le confinement n’est pas obligatoire, le pays n’est pas favorable à la mise en place d’une application, malgré plus de 28 000 cas recensés jusqu’à présent.