Les élections américaines au temps du coronavirus

Considéré comme une personne vulnérable, Joe Biden, candidat démocrate aux élections américaines, est confiné chez lui dans le Delaware. ¨Pendant ce temps, Donald Trump n'hésite pas à faire campagne en temps de crise.

Ils ne lâchent rien. D’un camp comme de l’autre, les candidats à l’élection présidentielle américaine sont sur le front malgré les conditions atypiques. Depuis le début de l’épidémie, Joe Biden a ainsi réalisé une quinzaine de vidéos en live depuis… sa maison dans le Delaware.

Avec la crise du coronavirus, les candidats démocrates et républicains ont du se réinventer. Joe Biden, depuis son basement ( sous-sol), a installé un arsenal audiovisuel pour ne pas perdre la course à la présidentielle. Dans l’une de ses vidéos publiée le 23 mars, un véritable plateau TV s’est déployé : pupitre, costume, décor et caméra, tout y est. Et les attaques contre Trump et sa gestion de la crise épidémique retentissent: “Trump affirme sans cesse qu’il est un président de guerre (…) Eh bien, il serait temps d’agir de la sorte” tacle-t-il.

 

La dernière fois qu’une telle organisation était de mise, c’était… en 1920 lorsque Warren Harding faisait campagne depuis le parvis de sa maison dans l’Ohio, une manière de redonner sens à la vie politique, plus proche de ses citoyens.

Un duel à couteaux tirés

Dernière attaque en date : une vidéo postée le 12 mai sur le compte Twitter où l’ancien vice-président de Barack Obama critique Trump pour avoir privilégié l’économie au détriment de la santé des américains. Elle se conclue sur un reproche assassin:

“Donald Trump n’a pas bâti une grande économie. Son incapacité à gouverner l’a détruite”

 

De son côté, le président américain a accusé le “fantôme Biden” d’être le “meilleur ami de la Chine”, pays qui “rêve qu’il soit élu en novembre” selon un mail de campagne du 11 mai rapporté dans un article du Figaro. Cependant, le candidat républicain commence à dévisser dans les sondages: seuls 41% des américains approuve son action présidentielle, soit une baisse de 4 points comparé à avril. A contrario, Biden remonte en force avec 46% d’intention de vote contre 38% pour son rival.

Donald Trump, roi des réseaux sociaux

Cependant, un des gros points faibles de Joe Biden reste son manque de maîtrise des réseaux sociaux. Sur Twitter, l’ancien vice-président compte 5,4 millions de followers, un score bien faible face aux 79,8 d’abonnés pour Trump. Dans une tribune du New York Times , David Axelrod et David Plouffe, les deux stratèges numériques de l’ancien président Barack Obama, ont conseillé au candidat démocrate de développer sa présence sur les réseaux sociaux. Message entendu pour celui que Trump surnomme « Sleepy Joe » : Biden a recruté les deux anciens conseillers pour l’aider à remporter cette bataille sur internet. Au programme : utilisation d’un hologramme et tenue d’une convention numérique peut-être en août. De quoi redorer son image émaillée par son manque d’éloquence et ses gaffes à l’oral.

 

Autre tâche dans le dossier du candidat, l’affaire Tara Reade. L’ancienne assistante de Biden alors sénateur du Delaware l’accuse de l’avoir agressée sexuellement en 1993 dans les couloirs du Congrès. Une accusation niée en bloc par Joe Biden mais qui risque de l’affaiblir pendant cette campagne.

L’union fait la force

Dans les coulisses, Joe Biden rassemble ses forces : Hillary Clinton, Elisabeth Warren, Barack Obama et même son ancien rival pour l’investiture démocrate Bernie Sanders se sont ralliés à lui. Par ailleurs, le candidat a la faveur des très convoités « Swing State », Etats « faiseurs de roi » que sont le Michigan, le Wisconsin, la Floride et la Pennsylvanie.

Malgré ses handicaps, la crise est l’occasion pour Biden de se présenter comme le candidat du rassemblement. Son programme en faveur d’une assurance santé pour tous les américains et sa volonté d’instaurer un salaire minimum de 15 dollars de l’heure promettent de séduire beaucoup d’américains. Frappés de plein fouet par la crise, près de 3 millions sont actuellement au chômage.