La pandémie de coronavirus va coûter plus de 200 milliards de dollars aux assureurs 

Le Lloyd’s of London, l’un des plus importants marchés de l’assurance, estime à 203 milliards de dollars le coût du coronavirus pour le secteur de l’assurance. Ces chiffres pourraient même être réévalués.

Commerces à l’arrêt, avions cloués au sol, chute du commerce international… La pandémie de coronavirus est une catastrophe pour les entreprises, mais aussi pour les assureurs. Selon le Lloyd’s of London, le plus vieux marché mondial de l’assurance, les pertes du secteur au niveau mondial pourraient atteindre les 203 milliards de dollars en 2020.

Les prévisions de l’assureur britannique rejoignent celles d’autres acteurs du secteur. “Le Covid-19 sera la plus grosse catastrophe en termes de perte que l’industrie ait jamais vu”, selon le PDG d’AIG, le leader américain de l’assurance.

Le Lloyd’s of London évalue à 107 milliards le coût des indemnisations que les assureurs devront verser à leurs clients, pour compenser des événements ou des voyages annulés par exemple. Les 96 milliards restants renvoient à des pertes en bourse. La chute des cours mondiaux impacte fortement les acteurs du secteur, dont une partie de l’activité repose sur des portefeuilles d’investissement.

Les pertes pourraient être encore plus importantes, notamment si les mesures de confinement sont maintenues plus longtemps que prévu, ou si elles reprennent dans les pays où elles ont été levées.

Un secteur critiqué pour sa gestion de la crise

Bien que fortement touchées par la crise économique, les assurances ont été critiquées depuis le début de la pandémie. Notamment en France, où elles ont refusé de prendre en charge les pertes d’exploitation des entreprises. La plupart des assurances ne couvrent que des dommages matériels, conséquences d’un incendie ou d’une inondation par exemple, et pas la chute des chiffres d’affaires causée par le confinement.

Florence Lustman, présidente de la Fédération française de l’assurance (FFA), s’était défendue début avril dans une tribune. « Les pertes d’exploitation des entreprises françaises dues au confinement vont se chiffrer à des dizaines de milliards d’euros, avait-elle déclaré. L’assurance n’intervient jamais en cas d’épidémie, de révolution ou de guerre car les conséquences de tels événements sont tout simplement hors de portée.»

Une position partagée par le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire. « La solution ne peut pas être de faire payer les assureurs à posteriori », a‑t-il affirmé le 13 mai lors d’une interview accordée au média L’Argus de l’assurance. Pourtant, certaines assurances ont opté pour des gestes commerciaux à l’égard de leurs clients, et ont choisi de couvrir certaines pertes, pourtant non prévues dans les contrats.