Maladie, pollution, accidents… le confinement aurait épargné plus de 63 000 vies

Le confinement pourrait avoir épargné plus de 63 000 vies sur toute sa durée. Toutes ne sont pas directement liées à la maladie.

La période n’aura pas été vaine. Cinq jours après la levée du confinement amorcée lundi, les chiffres positifs de la Sécurité Routière publiés ce vendredi rappellent que ces quelques semaines ont aussi permis de sauver des vies, en marge de la crise sanitaire qui a emporté 27 000 patients.

Pour endiguer la propagation du virus, le confinement de la population a été décrété le 16 mars. Deux mois plus tard, ces mesures de restrictions ont sans doute permis d’éviter au moins 63 000 décès.

61 000 vies sauvées du COVID-19

Intention première du confinement : réduire l’engorgement dans les hôpitaux et réduire drastiquement le nombre de potentielles victimes de la pandémie. Après 55 jours de confinement, la courbe des malades en réanimation et des décès s’est visiblement aplatie. En un mois, l’École des Hautes Études en Santé Publique (EHSEP) estime que plus de 61 000 vies ont été épargnées grâce au confinement.

D’après ses chercheurs, 23% de la population aurait été infectée en absence de confinement. Dans ce scénario, près de 104 550 lits en soins intensifs ou réanimation auraient été nécessaires pour traiter les cas les plus critiques. La France n’en compte que 11 264, d’après les derniers chiffres communiqués par le Ministère des Solidarités et de la Santé.

L’engorgement des hôpitaux aurait par ailleurs pu provoquer d’autres décès non liés au covid-19, en raison de l’impossibilité de prendre en charge les patients souffrant par exemple d’AVC, d’infarctus ou d’accidents graves. Aucune donnée chiffrée n’a cependant été communiquée sur cet aspect à ce jour.

1 230 morts évitées liées à la pollution

La pollution est la deuxième cause de mortalité évitable en France, derrière le tabac. Par pollution létale, les scientifiques entendent les oxydes d’azote (NOx) et les particules fines. Le Centre de recherche sur l’énergie et l’air propre (CREA) publiait fin avril son rapport sur l’impact du confinement sur la pollution atmosphérique.

En France, la pollution aux NOx a baissé de 44%, celle aux particules fines de 8%. Une diminution qui, selon le centre de recherches indépendant, aurait permis de préserver entre 1 230 et 2 431 vies. Cette baisse de contamination de l’air aurait aussi permis de réduire les arrêts maladie, les nouveaux cas d’asthme chez les enfants et les naissances prématurées.

Au moins 130 vies épargnées sur les routes

Publiés ce vendredi matin, les chiffres de la Sécurité Routière indiquent eux aussi une forte baisse de la mortalité.

En avril 2019, 233 personnes avaient péri sur les routes françaises. Cette année, ils sont 103 à avoir perdu la vie, soit 130 personnes de moins. Ces chiffres sont certes liés à la diminution du trafic et non à des comportements plus sûrs. Le « le trafic a baissé de 60% mais le nombre de grands excès de vitesse a, lui, bondi de 16,3 %  », rapporte Chantal Perrichon, présidente de la Ligue contre la violence routière au Parisien.

L’assignation à résidence imposée par le gouvernement aura cependant permis de faire baisser la mortalité sur les routes de 56% au mois d’avril. La Sécurité Routière avait déjà enregistré une baisse des décès de 39,6% au mois de mars par rapport à l’année précédente. Un écart de 101 vies qui s’explique probablement en partie par la mise en place du confinement, effectif à partir du 17 de ce mois-ci.