Le confinement aurait épargné plus de 63 000 vies

Le confinement pourrait avoir épargné plus de 63 000 vies sur toute sa durée. Toutes ne sont pas directement liées à la maladie.

Chaque jour depuis le début de la pandémie, sont énoncés religieusement les chiffres des victimes du COVID-19. En France, au 15 mai 2020, seuil des 27 000 décès a été franchie. Pour endiguer la propagation du virus, le confinement de la population ont été décrétée le 16 mars 2020. Deux mois plus tard, combien de vies ces mesures ont-elles épargnées ?

61 000 vies sauvées du COVID-19

Intention première du confinement : réduire l’engorgement dans les hôpitaux et réduire drastiquement le nombre de potentielles victimes de la pandémie. Après 55 jours de confinement, la courbe des malades en réanimation et des décès s’est visiblement aplatit. En l’espace d’un mois, l’École des Hautes Études en Santé Publique (EHSEP) estime que plus de 61 000 vies ont été épargnées grâce au confinement.

D’après eux, pour traiter les cas les plus critiques des 23% de la population française qui aurait contracté le virus sans mesure de confinement, un total de 104 550 lits en soins intensifs ou réanimation auraient été nécessaires. La France en compte 11 264, d’après les derniers chiffres communiqués par le Ministère des Solidarités et de la Santé.

Ces chiffres laissent aussi supposer que l’engorgement des hôpitaux, tel qu’il aurait été sans mesure de confinement, aurait pu causer des décès supplémentaires non liés au Coronavirus, tels que des accidents impossibles à traiter en temps et en heure. Cependant, aucune donnée chiffrée n’a été communiquée sur cet aspect à ce jour.

1 230 morts évitées liées à la pollution

La pollution est la deuxième cause de mortalité évitable en France. Par pollution létale, les scientifiques entendent les oxydes d’azote (NOx) et les particules fines.

Le CREA, le Centre de Recherche sur l’Énergie et l’Air propre, a publié le 30 avril son rapport sur l’impact du confinement sur la pollution atmosphérique. Pour la France uniquement, la pollution aux NOx a baissé de 44% et celle aux particules fines de 8%. Une baisse, qui selon le centre de recherches indépendant, aurait permis de préserver entre 1 230 et 2 431 vies. Cette baisse de contamination de l’air aurait aussi permis de réduire les arrêts maladie, les nouveaux cas d’asthmes chez les enfants et les naissances prématurées.

130 vies épargnées sur les routes

Publiés ce matin, les chiffres de la Sécurité Routière indiquent eux aussi une forte baisse de la mortalité.

En avril 2019, 233 personnes avaient péri sur les routes françaises. Cette année, ils sont 103 à avoir perdu la vie, soit 130 personnes de moins. Ces chiffres sont parfois considérés comme des trompes‑l ’œil, car la « le trafic a baissé de 60% mais le nombre de grands excès de vitesse a, lui, bondi de 16,3 %  », rapporte Chantal Perrichon, présidente de la Ligue contre la violence routière au Parisien. Néanmoins, le bilan net reste le même. L’assignation à résidence imposée par le gouvernement aura permis de faire baisser la mortalité sur les routes de 56% au mois d’avril, La Sécurité Routière avait déjà enregistré une baisse de 39,6% au mois de mars par rapport à l’année précédente.