Vélo, autostop et fougasses : ces acteurs du tourisme qui misent sur un été local

“On restera entre européens” avait affirmé Emmanuel Macron la semaine dernière. Dans un contexte de crise, des professionnels du tourisme entendent en tirer partie.

Atelier photos en Camargue, immersion chez les souffleurs de verre, ou simple session fougasses à Biot (Alpes-Maritimes) : Caroline Couret est “très confiante dans la force du local” pour cet été. Alors que jeudi, Edouard Philippe a annoncé qu’il était désormais possible de réserver ses vacances dans l’hexagone en juillet et en août, cette dirigeante d’une société de tourisme entend séduire les Français avec le voyage de proximité. 

De nombreux professionnels du secteur se positionnent sur ce créneau, mis en lumière par les restrictions de déplacement liées à la crise du covid-19. “Avec le confinement, il y eu un retour sur soi, les gens se sont mis à des activités créatrices, comme la peinture, la musique, rembobine-t-elle. Les vacanciers auront peut être envie de découvrir les talents de leurs régions.”

Son entreprise, Creative Tourism Network, prévoit des tours dans de petites infrastructures, “comme des ateliers d’artisan ou des champs d’agriculteurs”, illustre-t-elle. Loin des sentiers battus, noirs de monde. Et, a priori, du risque d’attraper le virus. 

L’essor des “micro-aventures”

Pour d’autres, la crise vient conforter un positionnement adopté de longue date. “L’aventure, ce n’est pas une question de distance ni d’exotisme”, vend Vincent Drye, fondateur de la DavaiDavai, une société de microaventure. Depuis 2018, le jeune diplômé de Sciences Po organise des courses en stop depuis les grandes métropoles jusqu’en Creuse, et depuis l’année dernière, une course à vélo de Paris à la Picardie.

“Cela fait un moment que l’on réfléchit à la façon d’éviter la surexploitation des destinations, retrace-t-il. Partir en vacances proche de chez soi répond aussi à un besoin écologique.” Ses événements, organisés en pleine nature, pourront assez facilement se plier aux règles de distanciation sociale. Les ventes des billets sont repartis de plus belle dès l’annonce du déconfinement.


Mais le “voyager local” restera-t-il à la mode pour les Français qui peuvent se permettre de partir loin, une fois le coronavirus maîtrisé ? “En l’état actuel, on ne peut pas prédire les changements de comportements”, recadre le sociologue du tourisme Bertrand Réau.

Les entrepreneurs veulent y croire. “50% de nos participants retournent en Creuse sur leur temps libre, tellement ils ont apprécié leurs première expérience”, vante Vincent Drye. Alors peut-être qu’après ces vacances en Europe, passée la nostalgie de l’exotisme, les Français jugeront les plages du Pays basque tout aussi dignes d’intérêt que les côtes brésiliennes. Pour le bonheur des acteurs du tourisme local.