Assemblée mondiale de l’OMS : face aux tensions, on prône l’unité

Les 194 pays de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) ont débuté, lundi 18 mai, la soixante-treizième Assemblée mondiale et première édition virtuelle. La Chine et l’OMS se sont défendues des accusations portées par l’administration américaine ces dernières semaines.

Dans son discours d’ouverture, le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a critiqué les pays ayant «ignoré les recommandations» de l’OMS face à la pandémie. Il a ajouté que le monde payait au «prix fort» les divergences stratégiques dans la lutte contre le virus. La pandémie du Covid-19 a fait plus de 315 000 morts dans le monde depuis son apparition en décembre en Chine. «Nous n’avons pas le droit de nous diviser» a déclaré Emmanuel Macron, qui estime que cette réunion «doit être un moment d’unité, de solidarité, mais aussi de lucidité et d’action.»

Tensions sino-américaines

Depuis quelques semaines, les tensions entre la Chine et les Etats-Unis montent vis-à-vis de l’origine du virus. À cet effet, une résolution promue par l’Union européenne, demandant une «évaluation indépendante de la riposte sanitaire de l’OMS», sera examinée lors de l’assemblée. Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus a déclaré à ce sujet qu’une telle évaluation serait souhaitable une fois la pandémie éradiquée.

Mi-avril, le président américain Donald Trump avait annoncé la suspension de la contribution américaine à l’OMS, soupçonnant l’institution d’avoir endossé aveuglément la ligne de défense de Pékin. Le directeur général de l’OMS a semblé répondre à ces accusations lors de son discours à l’assemblée : «Le monde n’a pas besoin d’un autre comité ou organisation. Il a besoin de renforcer, mettre en œuvre et financer les organisations qu’il a – y compris l’OMS.»

La Chine sur la défensive

Le président chinois Xi Jinping s’est défendu d’avoir cherché à cacher les premières données sur la Covid-19, au début de l’épidémie. Selon lui, l’Etat chinois a «communiqué sans tarder», dans un esprit «ouvert et responsable». Il a par ailleurs annoncé un plan d’aide de deux milliards de dollars aux pays en développement affectés par la Covid-19. Les présidents de Chine, Corée du Sud et France ont tous appelé à considérer un futur vaccin comme un «bien public commun».

«La pandémie a fait ressortir ce qu’il y a de meilleur et de pire dans l’humanité», a résumé le directeur général de l’OMS, qui ajoute que «la route est encore longue» avant la fin de la pandémie. Pour lutter contre le virus, il demande «deux ingrédients essentiels» : «l’unité nationale et la solidarité mondiale». Son allocution a enfin été marquée par l’annonce de la création d’une académie de l’OMS, afin de former des millions de soignants dans le monde, et d’une fondation OMS destinée à recueillir des dons.