Assemblée mondiale de l’OMS : les Etats-Unis poursuivent leurs accusations

Les 194 pays de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) ont débuté, lundi 18 mai, la soixante-treizième Assemblée mondiale et première édition virtuelle. Sans surprise, les Etats-Unis ont critiqué l’organisation, à laquelle ils reprochent une complicité présumée avec la Chine.

Parmi les allocutions les plus attendues en ce premier jour de l’Assemblée mondiale de la Santé, il y avait celle d’Alex Azar, le secrétaire à la Santé et aux Services sociaux des États-Unis. Sans surprise, il a étrillé l’institution: «Nous devons être francs sur l’une des principales raisons pour laquelle cette épidémie est devenue incontrôlable: il y a eu un échec de l’OMS d’obtenir des informations dont le monde avait besoin, et cet échec a coûté de nombreuses vies». Les Etats-Unis estiment que l’OMS doit devenir «beaucoup plus transparente et redevable». Sans nommer directement la Chine, le chef d’Etat américain a fait référence à un «Etat membre» qui «s’est moqué de ses obligations de transparence.»

Le cas taïwanais

Les Etats-Unis ont aussi rappelé le «besoin critique» que Taïwan participe à l’Assemblée en tant qu’observateur. Finalement, les pays ont accepté de débattre de la question taïwanaise, mais plus tard dans l’année, lors de la reprise des débats. Une décision que Washington a aussitôt condamné: le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a dénoncé dans un communiqué «l’absence d’indépendance» du directeur général de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus, et l’a accusé d’avoir «choisi de ne pas inviter Taïwan sous la pression de la République populaire de Chine.»

Cela fait déjà plusieurs semaines que la tension monte entre les Etats-Unis et l’OMS, sous fond de conflit sino-américain. Mi-avril, le président américain Donald Trump avait annoncé la suspension de la contribution américaine à l’OMS, soupçonnant l’institution d’avoir endossé aveuglément la ligne de défense de Pékin.

Le directeur général de l’OMS a semblé répondre à ces accusations lors de son discours à l’assemblée: «Le monde n’a pas besoin d’un autre comité ou organisation. Il a besoin de renforcer, mettre en œuvre et financer les organisations qu’il a – y compris l’OMS.»