À peine ouvertes, des écoles ferment déjà pour cause de coronavirus

Alors que les collèges rouvrent leurs portes, plus de 50 écoles primaires n’ont pas accueilli leurs élèves en ce lundi 18 mai à cause de suspicion de coronavirus.

Le mardi 12 mai, après deux mois d’absence, c’est la rentrée des classes dans 40 000 écoles en France. Une semaine plus tard, une cinquantaine ferment leurs portes pour suspicion ou cas avérés de coronavirus. Sur RTL, le lundi 18 mai, le ministre de l’Education nationale comptabilise 70 malades du Covid-19, écoliers ou personnel éducatif.

C’est le cas à Soyaux, en Mayenne, zone verte. Dans la commune de 9 000 habitants au sud-ouest de la France, les deux écoles primaires ont accueilli une vingtaine d’écoliers la première semaine. Mais ce lundi 18 mai, tôt dans la matinée, les parents reçoivent un appel de la maîtresse leur informant que l’école restera fermée pendant une semaine. Une des institutrice a été testée positive au coronavirus. «Jeudi matin, elle ne se sentait pas bien, elle toussait», raconte Monsieur Caillot, directeur de l’école Célestin Frenet. L’enseignante prévient la mairie puis l’Éducation nationale. L’Agence Régionale de Santé de la Nouvelle-Aquitaine prend ensuite le relai. Une enquête est réalisée pour connaître toutes les personnes qui auraient pu être en contact avec la jeune femme. «Heureusement, le mardi matin elle ne s’était occupé que des élèves pendant la cour de récréation. Et tout ça, avec les gestes barrières bien respectés», rassure le directeur. La crainte d’une contamination se dirige donc vers le corps enseignant. «Les moments délicats sont le repas, le café et la pose cigarettes», complète-t-il. «L’équipe était anxieuse de la non-fermeture et du non-dépistage systématique.» Après avoir émis un avis positif sur la possible ouverture de l’école, l’ARS se rétracte «par prudence» et l’école restera fermée une semaine. «Tous les parents ont été prévenus et ils ont trouvé des systèmes de garde alternatifs. Et si tout va bien, nous rouvrirons dans lundi prochain.», se console le directeur. Il essaie aussi de rassurer son équipe pédagogique qui doit assurer le suivi des cours à distance et se préparer à une nouvelle rentrée la semaine prochaine.

Fausse alerte mais réelle crainte

Après deux suspicions de coronavirus, l’école du Sacré-Coeur à Saint-Germain-le-Fouilloux, en Mayenne, a réouvert ses portes ce lundi 18 au matin. «Mardi dernier, on ouvrait. Mercredi matin, une ATSEM, assistante de l’institutrice, a ressenti des symptômes proches du Covid-19. Trente minutes plus tard, c’était au tour d’une institutrice. Nous n’avions pas le choix de fermer même si tout était bien organisé», raconte Stéphanie Gille, directrice de cette petite école élémentaire.  Les tests des deux femmes se sont avérés négatifs. Toute l’équipe pédagogique se réjouit et prépare la réouverture le lundi 18 mai : «Dès ce matin l’école était prête pour accueillir ses élèves».  Avec une capacité d’accueil de 160 élèves, 36 étaient présents la semaine dernière. Pourtant, ils ne sont que 26 sur les bancs de l’école ce lundi matin de troisième rentrée. Stéphanie Gille s’étonne : «Même si le Covid n’est pas passé par là, il a laissé des traces. Un quart des parents ne veulent plus mettre leur enfant à l’école». La directrice ne perd pas espoir et espère revoir tous ces élèves au moins une fois d’ici la fin de l’année.

«On a fait ce qu’on pouvait»

Pour la mairie de Soyaux, qui avait organisé avec soin la rentrée de 73 enfants en école élémentaire et 37 en maternelle, la fermeture de deux écoles primaires n’est pas facile à avaler. Mais Robert Jabouille, délégué à la vie scolaire, essaie de se rassurer : «On a fait ce qu’on pouvait. Les mesures ont été respectées». Toutefois il s’interroge : «Est-ce que cela valait le coup d’ouvrir les classes pour les refermer une semaine après ? Je ne sais pas». Au Sacré-Coeur à Saint-Germain-le-Fouilloux, là aussi, les mesures étaient parfaitement respectées. Trois ATSEM consacrent entièrement leur temps au bon respect des nouvelles normes sanitaires, plus difficiles à faire appliquer chez les petits. Stéphanie Gille, la directrice assure que les mesures sont réalisables mais s’interroge sur le bien-être de l’enfant qui «ne parle plus, ne rit plus avec les autres élèves», pourtant «moteur essentiel de son développement»