Accord pour une évaluation indépendante de la réponse de l’OMS à la pandémie

Les 194 pays membres de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), dont les États-Unis et la Chine, ont adopté, mardi 19 mai, une résolution prévoyant une «évaluation indépendante» de la réponse de l'agence à la pandémie de Covid-19.

Le texte approuvé par consensus, mardi 19 mai, prévoit de lancer «au plus tôt (…) un processus d’évaluation impartiale, indépendante et complète» de l’action internationale coordonnée par l’OMS engagée face à la pandémie, en vue «d’améliorer les capacités mondiales de prévention, de préparation et de riposte face aux pandémies». L’évaluation, dont les contours demeurent flous, devra passer au crible les mesures prises par l’OMS face à la pandémie de Covid-19 et leur chronologie.

Lundi, premier jour de l’assemblé mondiale virtuelle de l’OMS, son directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus, s’était dit favorable à la mise en place de ce processus d’évaluation. Une façon pour l’OMS de rappeler son engagement «à faire preuve de transparence, de responsabilité et de constante amélioration».

Une assemblée mondiale sous pression américaine

Depuis le début de la pandémie, les États-Unis font peser une lourde pression sur L’OMS et son directeur général. Donald Trump accuse l’organisation onusienne d’être «une marionnette de la Chine». Il estime qu’elle a négligé une alerte de Taïwan sur la gravité du coronavirus et tardé à déclarer l’état de pandémie, laquelle a fait plus de 318 000 morts depuis son apparition en décembre en Chine.

Le chef d’État américain a menacé l’organisation en lui imposant un délai pour obtenir des résultats significatifs dans la lutte contre la pandémie. «Si l’OMS ne s’engage pas à des améliorations notables dans un délai de 30 jours, je vais transformer la suspension temporaire du financement envers l’OMS en une mesure permanente et reconsidérer notre qualité de membre au sein de l’organisation»,  a‑t-il tweeté dans la nuit de lundi à mardi. L’année dernière, les États-Unis étaient les plus gros contributeurs de l’organisation avec une participation de 400 millions de dollars.

L’Union européenne a apporté son soutien à l’organisation onusienne après les menaces de Washington. Pékin a pour sa part riposté en accusant M. Trump, dont le pays est le plus endeuillé au monde avec plus de 90.000 morts, de chercher à «se soustraire à ses obligations», envers l’organisation. Pendant plusieurs semaines, Donald Trump avait minimisé le danger du «virus chinois» avant d’effectuer un revirement complet à la mi-mars.