La crise sanitaire a entraîné une chute de 8,6 % des émissions de CO2 dans le monde

La réduction des activités humaines a permis une chute spectaculaire des rejets de dioxyde de carbone dans le monde, selon une étude parue mardi 19 mai dans Nature Climate Change. Mais pour les experts, elle n’aura pas d’effet sur le changement climatique.

Si les restrictions mises en place pour lutter contre l’épidémie de Covid-19 devaient durer jusqu’à la fin de l’année, il s’agirait de la plus forte chute annuelle d’émissions de CO2 depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Selon la manière dont la relance économique sera faite, elles devraient chuter de 4% à 7% sur l’année 2020, par rapport à 2019, d’après une étude parue ce mardi 19 mai dans la revue britannique Nature Climate Change.  Du 1er janvier au 30 avril, la mise à l’arrêt de l’économie a entraîné une baisse de 8,6 % des émissions mondiales de CO2, par rapport à la même période de l’année précédente. En avril, les émissions ont chuté de 17% par rapport au mois d’avril 2019.

L’étude, menée par un groupe de scientifiques travaillant en Europe, aux Etats-Unis et en Australie, a analysé les émissions journalières de CO2 de soixante-neuf pays, des cinquante états américains et de trente provinces chinoises. Soit 85% de la population mondiale, responsable de 97% des émissions de CO2. Elle a été mené sur six secteurs économiques, à trois niveaux différents de confinement, en utilisant les données de production des centrales électriques, de la consommation d’énergie des usagers dans les bâtiments et du trafic routier et aérien. 

C’est aux transports routiers, ferroviaires et maritimes qu’est attribuée la plus forte baisse d’émissions (39%), devant l’industrie (29%) et la production d’énergie (17%). A l’inverse, les émissions provenant de bâtiments résidentiels ont augmenté de 5%.

Peu d’impact sur le changement climatique

La Chine, premier pollueur mondial, a enregistré la plus forte baisse en avril : ses émissions ont diminué de 242 millions de tonnes sur les quatre premiers mois de l’année, comparé à 2019, soit une baisse de 7,8%. Elle est suivie par les Etats-Unis (207 millions, ‑12%), l’Europe (123 millions, ‑10%) et l’Inde (98 millions, ‑11%). En France, les rejets de dioxyde de carbone ont chuté de 16%.

En 2019, le monde a émis environ 100 million de tonnes de dioxyde de carbone d’origine fossile par jour d’après l’étude. En avril 2020, les rejets carbonés journaliers ont chuté à 83 millions de tonnes, soit une baisse de 17%. Dans certains pays, les émissions ont diminué de 26% au plus fort du confinement. 

Mais d’après les chercheurs, cette éclaircie ponctuelle n’aura que peu d’impact sur le changement climatique.

Le confinement de la population a entrainé des changement drastiques dans l’utilisation de l’énergie et des émissions de CO2,” a déclaré l’une des autrice de l’étude, Corinne Le Quéré, de l’université d’East Anglia, en Angleterre. “Cependant, ces chutes extrêmes seront probablement temporaires, puisqu’elles ne sont pas liées à des transformations structurelles des secteurs économiques, du transport, ou de l’énergie.

Afin de ne pas dépasser l’objectif d’un réchauffement maximum de 2 degrés fixé par la COP 21, les émissions doivent chuter de 2,7 % par an, et de 7,6% par an pour ne pas dépasser +1,5C, selon un rapport de l’ONU