Le Premier ministre russe reprend ses fonctions après sa contamination

Le premier ministre russe Mikhaïl Michoustine a repris son poste, mardi 19 mai, presque trois semaines après le  son hospitalisation en raison de sa contamination au nouveau coronavirus. Un retour sur la scène politique alors que la Russie approche les 300 000 cas confirmés.

 

 

Un décret du Kremlin a annoncé, mardi 19 mai, le retour de Mikhaïl Michoustine à son poste de Premier ministre. Il met fin, par la même occasion, aux fonctions de chef du gouvernement par intérim confiées le 30 avril à Andreï Bellosov. Le Premier ministre, qui animait lundi une visioconférence gouvernementale télévisée, semble rétabli mais le Kremlin ne précise pas s’il a achevé sa convalescence ni même s’il a quitté l’hôpital.

Peu connu du grand public, Mikhaïl Michoustine a été nommé à la tête du gouvernement le 15 janvier dernier, après avoir dirigé pendant dix ans les services fiscaux. Depuis le début de la crise provoquée par l’épidémie due au coronavirus, il s’était effacé derrière le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, et le président, Vladimir Poutine.

Près de 300.000 cas confirmés

La Russie se situe désormais au deuxième rang mondial après les Etats-Unis en nombre de contamination au nouveau coronavirus. Le 19 mai, les chiffres faisaient état de 299.941 cas détectés, alors que le pays a entamé la semaine dernière un déconfinement prudent, après environ un mois et demi de strictes restrictions.

L’épidémie ralentit malgré tout. Ce week-end, l’agence sanitaire russe, Rospotrebnadzor, a affirmé que la situation se stabilisait à travers la Russie. Lundi, le pays enregistrait moins de 9000 nouveaux cas de contamination en moins de 24h. Une première depuis le début du mois de mai.

Un taux de mortalité faible et suspect

La propagation du virus ralentit et le nombre de décès demeure très bas. Le dernier bilan officiel, comptabilise 2.537 décès liés au Covid-19. Le taux de mortalité serait ainsi inférieur à 1 %. Même l’Allemagne, réputée très performante face à la pandémie, affiche un taux de mortalité de 4 %. Les critiques mettent en doute ces chiffres étonnement bas et accusent les autorités de minimiser les bilans officiels. Selon le Financial Times, le nombre de morts du Covid-19 pourrait être supérieur de 70 % aux données du gouvernement.

Les autorités rejettent ces accusations. La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, dénonçait mardi une «pandémie de désinformation». La vice-première ministre Tatiana Golikova a réaffirmé pour sa part que le taux de mortalité en Russie était 7,6 fois moins élevé qu’à l’étranger.

Pour les autorités russes, ces résultats ne sont pas dus au hasard. Elles expliquent que la propagation du virus  a eu de temps de retard en Russie par rapport au reste du monde. Ce délai aurait laissé le temps aux autorités de préparer les hôpitaux et de mettre en place des mesures préventives efficaces comme une politique massive de dépistage et l’isolement des cas suspects.

Les autorités de santé précisent tout de même que seuls les décès dont la cause première est le coronavirus sont comptabilisés, quand d’autres pays comptent eux la quasi-totalité des morts de patients testés positifs.