Municipales : le Conseil scientifique pas opposé à un second tour en juin

Dans son rapport, le Conseil scientifique ne s’oppose pas à un scrutin en juin, mais recommande une très grande prudence. Le Premier ministre doit trancher avant samedi. 

Le deuxième tour des municipales aura-t-il lieu en juin ou à la rentrée ? En suspens depuis le début du confinement, le second tour des élections municipales pourrait finalement avoir lieu fin juin. L’hypothèse d’un scrutin dans un mois a été validée, à demi-mot, par le Conseil scientifique. Dans son rapport rendu ce mardi 19 mai, à Edouard Philippe, le comité de chercheurs présidé par Jean-François Delfraissy admet timidement la tenue du second tour des élections le 28 juin. Les municipalités concernées sont celles où le résultat du premier tour le 15 mars n’a pas été décisif. Plus de 5.000 communes sont ainsi en attente d’un deuxième scrutin, initialement prévu le 22 mars.

Il est «difficile d’anticiper une situation incertaine pour les semaines à venir». D’emblée, le Conseil se refuse à fixer une date et souligne les incertitudes que fait peser la crise du coronavirus sur les élections municipales. Dans son rapport, le Conseil scientifique détaille sur six pages des recommandations strictes sur les règles sanitaires à respecter, pendant la campagne et également le jour du vote. Plus question d’accueillir les électeurs de manière irréfléchie. “L’organisation de la campagne devra être profondément modifiée”, écrivent les onze chercheurs. L’enjeu est de susciter une participation plus importante qu’en mars, pour assurer la légitimité des nouveaux élus. Le Conseil scientifique reste cependant très prudent. Il estime qu’il faudra réévaluer la situation quinze jours avant le scrutin, c’est-à-dire, à la mi-juin.

Ce weekend déjà une trentaine de maires réclamaient l’organisation du second tour dès le mois de juin, dans une tribune publiée dans le Journal Du Dimanche. «La démocratie ne peut pas être plus longtemps confinée», y énonçaient les édiles dont Anne Hidalgo, Christian Estrosi et Nicolas Florian. Pour eux le confinement sanitaire ne doit pas se transformer en «un confinement démocratique qui serait néfaste à l’avenir de la France».

La date du 28 juin n’est pas encore arrêtée

Mais l’hypothèse d’un scrutin au mois de juin, fait polémique dans le corps médical. Elle est jugée prématurée. «L’analyse du Conseil scientifique a pour objectif d’éclairer les autorités publiques qui prennent les décisions politiques. Les décideurs publics devront mettre en balance les incertitudes et les risques identifiés avec les avantages liés à la tenue du scrutin», rappelle le comité. Le Conseil souhaite ainsi mettre les politiques face à leurs responsabilités. 

« Il faut aller au bout de ces élections municipales », a martelé Jacqueline Gourault, la Ministre de la Cohésion des territoires, lundi matin sur Public Sénat. « Si les élections n’avaient pas lieu en juin, il faudrait refaire deux tours », a avancé la ministre. Une option inimaginable pour François Baroin, à la tête de l’Association des Maires de France (l’AMF).

La date polémique du 28 juin sera débattue au Parlement au cours de la semaine. Des tensions sont à craindre. Richard Ferrand, le président de l’Assemblée nationale juge la tenue du second scrutin comme «pas raisonnable». Du haut du perchoir, ce proche d’Emmanuel Macron refuse une campagne express qui pourrait impacter négativement les résultats des Marcheurs.

Suite au rapport du Conseil scientifique, le Premier ministre a décidé d’inviter tous les chefs de partis politiques pour échanger sur la date du second tour. Les leaders de l’opposition sont conviés ce mercredi 20 mai à 19h, à l’hôtel de Matignon, pour la première discussion “physique” post-confinement. Une rencontre qui permettra à l’exécutif, d’associer enfin les différentes forces politiques à la décision des municipales. Et ainsi de faire oublier son unilatéralisme du premier tour. La décision finale d’Edouard Philippe est attendue d’ici samedi 23 mai. 

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