Une seconde souche du Sars-Cov‑2 pourrait être en circulation

Selon une prépublication scientifique américaine, une deuxième souche du Sars-Cov‑2 (le virus responsable du COVID-19) est en circulation en Europe. Plus contagieuse, elle toucherait notamment l’Italie et le Royaume-Uni.

Une étude du Los Alamos National Laboratory, situé aux Etats-Unis, affirme l’existence d’une seconde souche du coronavirus, virus responsable de la pandémie mondiale. Quatorze mutations génétiques auraient augmenté sa virulence, par rapport à la première souche du virus repérée à Wuhan fin décembre 2019. Ces mutations sont suspectées d’avoir eu lieu en Europe, dès le mois de février 2020. L’étude pré-publiée sur le site bioRxiv, n’a pas encore été validée par ses pairs. Les scientifiques du monde entier restent donc prudents sur les résultats avancés. 

Une souche européenne du COVID-19

Apparue en Europe, la première mutation est prédominante dans le monde, depuis le mois de mars. Cette souche s’est répandue beaucoup plus rapidement que son aînée chinoise, ce qui suggérerait un avantage compétitif. C’est par exemple cette mutation, et non la version originale du virus, qui gagné la côte Est des États-Unis. L’étude avance également que cette souche européenne rendrait les personnes plus vulnérables à une seconde infection

«Cette mutation n’est pas nouvelle, mais ce qui l’est, c’est que l’une des deux souches, dans plusieurs pays, prend le dessus, et elle s’impose sur l’autre, explique Constance Delaugerre, virologue à l’hôpital Saint-Louis à Paris, dans Libération. Les chercheurs ont développé «un pipeline d’analyse, pour faciliter le suivi des mutations en temps réel dans le Sars-Cov‑2», explique la virologue. Ainsi la deuxième souche serait présente en Italie, et au Royaume-Uni. Mais en Allemagne comme au Japon, c’est la première souche qui aurait dominé. 

Les chercheurs ont développé «un pipeline d’analyse, pour faciliter le suivi des mutations en temps réel dans le Sars-Cov‑2».
Constance Delaugerre, virologue à l’hôpital Saint-Louis à Paris

Les mutations étudiées se concentrent sur la protéine Spike (S), qui intervient dans l’infection des cellules humaines. Les quatorze mutations successives serviraient à expliquer les différences dans l’intensité et la dynamique géographique de la pandémie de COVID-19. L’inquiétude sur l’élaboration rapide d’un vaccin universel grandit, en fonction des nouvelles mutations du virus. Mais une autre étude, plus optimiste, publiée le 1er mars par l’Université d’Arizona, suggérait au contraire un potentiel affaiblissement du virus. La pandémie de COVID-19 pourrait alors s’éteindre d’elle-même, en suivant le schéma du Sars-Cov de 2013.