Date du second tour des municipales : ce que veulent les partis

Le Premier ministre, Edouard Philippe, s’est entretenu, mercredi 20 mai, avec les dirigeants des principaux partis politiques. Il leur a présenté deux hypothèses d’organisation du second des élections municipales, annulé en mars : juin ou janvier 2021. Panorama des dates souhaitées par les différents chefs de parti.

  • Fin juin 2020

La possibilité d’organiser le second tour des élections municipales d’ici fin juin 2020, n’a pas du tout convaincu les chefs de partis présents. 

Les Républicains :

Seul le chef du parti LR, Christian Jacob, s’est clairement exprimé en faveur : «à partir du moment où les conditions sanitaires sont réunies, je suis favorable à ce que les élections se tiennent le plus rapidement possible, notamment en juin».

Alors que les élections départementales et régionales se tiendront en 2021, il estime qu’un report en janvier 2021 «bouleverse tout le calendrier électoral et repousse quasiment d’un an toute la commande publique avec des conséquences en termes d’emploi importantes».

  • D’ici janvier 2021

Le reste des partis n’a pas exprimé clairement de volonté en termes de date. Ils se sont contentés de refuser l’éventualité de fin juin, renvoyant à plus tard le second tour, sans précision.

La France Insoumise :

Le député LFI Alexis Corbière, qui représentait le parti à la réunion, a jugé «impossible de tenir un second tour avant fin juin». Il s’est appuyé sur l’avis du président du Conseil, Jean-François Delfraissy : «Il nous a dit qu’il serait compliqué de tenir campagne. Il y a aussi un risque de prime aux maires sortants, qui ont par exemple distribué des masques pendant la crise», a‑t-il mis en garde.

Debout la France :

Le président du parti, Nicolas Dupont-Aignan a pointé deux obstacles pour juin : «un blocage sanitaire parce qu’on n’a pas encore le bilan du déconfinement» et un «blocage démocratique, parce que les Français ne sont pas prêts à aller voter après le fiasco du 1er tour. Il n’y aura pas de campagne et que très peu de participation».

L’Union des Démocrates et Indépendants :

Le président de l’UDI, Jean-Christophe Lagarde, s’est lui aussi opposé à l’hypothèse de juin qui risque «d’éliminer tout débat démocratique» à cause d’une «campagne particulière, sans réunion publique, sans distribution de tracts, où une partie de l’électorat aura peur de voter», a‑t-il regretté. 

Il est le seul à avoir formulé une proposition : que les municipales se tiennent en même temps que les départementales et les régionales, c’est-à-dire en mars 2021.

  • Ne se prononce pas 

C’est le clan du «ni pour, ni contre» la date de juin 2020, ceux qui attendent de voir l’évolution de l’épidémie dans les prochaines semaines avant de se prononcer .

Le Rassemblement national 

Selon le vice-président du RN, Jordan Bardella, il est encore trop tôt pour pouvoir se prononcer : «neuf jours après le déconfinement, il est encore trop tôt pour dire si oui ou non on pourra voter le 28 juin. C’est très difficile dans la mesure où (le gouvernement) a des informations que nous, nous n’avons pas», a‑t-il expliqué.

Le Parti Communiste Français :

Le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, a préféré s’abstenir, invoquant les débats en interne : «Chez nous, c’est du 50/50. On souhaite que les élections se tiennent le plus tôt possible», a‑t-il déclaré.

Le Conseil scientifique :

Ce n’est, certes, pas un parti politique, mais c’est certainement le Conseil scientifique qui influencera le plus la décision finale. Il a déjà rendu un avis, le mardi 19 mai, dans lequel il ne s’oppose pas à l’organisation du second tour fin juin 2020. Une possibilité à condition que des règles sanitaires très strictes soient respectées : «Pas de campagne sur le terrain, pas de campagne sur le marché, pas de campagne à domicile», a résumé le professeur Jean-François Delfraissy. Le Conseil a conclu, malgré tout, que la situation restait très incertaine et que son avis serait réévalué deux semaines avant l’éventuelle date de scrutin, fin juin.