En pleine crise du secteur aérien, Air France abandonne l’Airbus A380

Trop polluant, trop cher, Air France accélère la fin de l’exploitation du plus gros avion commercial d’Airbus.

La pandémie de coronavirus a eu raison des Airbus A380. Mercredi 20 mai, Air-France-KLM a annoncé «l’arrêt définitif» de l’exploitation du géant des airs, deux ans et demi avant la date prévue. Déjà au sol, les neuf avions de la flotte «n’effectueront plus de vols commerciaux».

En juillet 2019, Air-France-KLM avait déjà expliqué qu’il allait cesser de faire voler l’Airbus A380 à la fin de 2022. L’appareil, entré en service en 2007, était trop gourmand en kérosène, et plus polluant que les dernières générations de long-courriers. Quelques mois auparavant, le transporteur franco-néerlandais avait annoncé la fin de la production de l’A380, boudé par les compagnies aériennes en raison de sa faible rentabilité. «L’A380 consomme 20 % à 25 % de carburant en plus par siège que les appareils long-courriers de nouvelle génération, et émet plus de CO2», expliquait la compagnie. 

Dans son communiqué, AirFrance précise que ce retrait s’inscrit dans une «simplification de la flotte», qui doit la rendre plus «compétitive». Le transporteur souhaite «des avions plus modernes, plus performants, et dont l’empreinte environnementale est considérablement réduite».

En raison de la quasi-fermeture des frontières, Air France-KLM a accusé une perte nette de 1,8 milliard d’euros au premier trimestre. Depuis la fin de mars, Air France assure entre 3 et 5 % de son programme habituel. L’Etat français a  dû sauver la compagnie, grâce à un soutien de 7 milliards d’euros. En contrepartie, Air-France a pris des engagements sur l’amélioration de sa rentabilité, et sur le plan environnemental.

Cent-quinze exemplaires d’Airbus A380 sont toujours prêt à décoller chez Emirates Airlines, premier opérateur mondial de l’appareil. Lufthansa a annoncé de son côté que seulement la moitié de ses quatorze avions de ce modèle décollerons de nouveau.