La France signe la fin du franc CFA dans 8 pays d’Afrique de l’Ouest

Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo ne se serviront plus de ce « vestige de la Françafrique ».

À la sortie du Conseil des ministres, hier mercredi 20 mai, Sibeth Ndiaye a annoncé que le projet de loi qui entérine la fin du franc CFA a été adopté. Ce texte valide la transformation du franc CFA, qui devient l’éco, ainsi que la fin de la centralisation des réserves de change des États d’Afrique de l’Ouest auprès du Trésor français.

«Cette fin symbolique devait s’inscrire dans un renouvellement de la relation entre la France et l’Afrique et écrire une nouvelle page de notre histoire», a affirmé la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye. Il était notamment dénoncé par des associations comme étant «colonialiste». 

Le 21 décembre, huit pays d’Afrique de l’Ouest et la France avaient décidé de cette réforme d’envergure du franc CFA, avait annoncé le président ivoirien Alassane Ouattara en présence du président français. Le franc CFA était d’ailleurs perçu comme l’un des «vestiges de la Françafrique» par Emmanuel Macron.

La France ne s’efface pas complètement

Si Paris va se retirer des instances de gouvernance, la France continuera de jouer son rôle de garant pour cette monnaie qui maintiendra également une parité fixe avec l’euro (1 euro = 655,96 francs CFA). Ce point est appelé à évoluer lorsque la monnaie commune ouest-africaine verra le jour.

Le Mali a été le premier pays africain à bénéficier mardi 19 mai de cette mesure auprès des créanciers du Club de Paris. D’autres devraient suivre comme l’Ethiopie, la République démocratique du Congo (RDC), le Congo-Brazzaville, le Cameroun et la Mauritanie. Mais le franc CFA ne disparaît pas complètement : les six pays d’Afrique centrale (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée Equatoriale et Tchad), qui forment une zone monétaire distincte, continueront à l’utiliser.