Médecins sans frontières appelle aux dons pour le Yémen où une « catastrophe » est en cours

L’organisation alerte sur la propagation du Covid-19 dans un pays ravagé par cinq ans de guerre.

«Catastrophe» en cours. Médecins sans frontières (MSF) s’est alarmé jeudi 21 mai de la situation au Yémen, où la pandémie de Covid-19 se propage faute de moyens humains et matériels, dans un pays ravagé par cinq ans de guerre. 

Dans un communiqué, l’organisation caritative a lancé un appel aux Nations unies et aux pays donateurs pour financer ses opérations, payer les personnels soignants, leur fournir des équipements de protection individuelle et acheter des respirateurs.

L’ONG s’alarme du nombre de décès grandissant dans son centre de traitement du Covid-19 à Aden, grande ville du sud déjà touchée par la dengue, le paludisme et le chikungunya. Le centre de traitement est la seule structure dédiée au virus pour tout le sud du Yémen. Du 30 avril au 17 mai, 173 patients y ont été admis et au moins 68 sont décédés. Des chiffres qui témoignent «d’une catastrophe plus vaste», que ce que les chiffres officiels indiquent, souligne MSF. «Ce que nous voyons dans notre centre de traitement n’est que la partie visible de l’iceberg en termes de nombre de personnes infectées et mourantes dans la ville», s’inquiète pour sa part Caroline Seguin, responsable des programmes MSF. «Les gens arrivent au centre trop tard pour être sauvés, et nous savons que beaucoup d’autres ne viennent pas du tout».

«Il serait inadmissible que le monde laisse le Yémen affronter cette crise seul»

Médecins sans frontières précise que dans la ville d’Aden, soit «les hôpitaux ont dû fermer», soit ils «refusent certains types de patients». «Le personnel de santé ne dispose pas des équipements de protection individuelle nécessaires à leur sécurité.» L’ONG est concise : «il serait inadmissible que le monde laisse Aden et le reste du Yémen affronter cette crise seuls».

Le Yémen est en proie à une guerre meurtrière depuis 2014 entre les rebelles Houthis, qui contrôlent plusieurs régions du pays, et le gouvernement appuyé par la coalition menée par l’Arabie saoudite.