Trump annonce le retrait des États-Unis du traité «Ciel ouvert»

Le président américain estime que la Russie viole ce traité qui permet de vérifier les mouvements militaires et les mesures de limitation des armements.

À la Maison Blanche, chaque jour a son rebondissement, avec Donald Trump dans le rôle principal. Après avoir annoncé qu’il prenait de l’hydroxychloroquine ou avoir menacé de couper définitivement les vivres à l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le président américain a annoncé, jeudi 21 mai, le retrait des États-Unis du traité «Ciel ouvert», signé par 34 pays. La raison: la Russie violerait ce traité permettant de vérifier les mouvements militaires et les mesures de limitation des armements.

«Tant qu’ils ne le respecteront pas, nous nous retirerons», a lancé le président américain devant des journalistes dans les jardins de la Maison Blanche. Tout en ne fermant pas la porte à une renégociation de ce traité entré en vigueur en 2002. «Je pense que ce qui va se passer, c’est que nous allons nous retirer et ils vont revenir et demander à négocier un accord», a‑t-il prétendu. Le retrait américain ne pourra pas intervenir avant un délai de six mois.

C’est le troisième accord international dont Donald Trump décide de retirer les Etats-Unis après le traité sur le programme nucléaire iranien en 2018 et le traité INF sur les missiles terrestres de moyenne portée en 2019.

«Le retrait des Etats-Unis du traité “Ciel ouvert” signifie non seulement un coup porté au fondement de la sécurité européenne mais aussi aux instruments de la sécurité militaire existants», a déclaré le vice-ministre russe des Affaires étrangères Alexandre Grouchko. Avant de rajouter que «rien n’empêchait de continuer à discuter de ces questions techniques que les Etats-Unis présentent aujourd’hui comme de prétendues violations de la part de la Russie». Le dirigeant est même allé jusqu’à accuser les États-Unis d’avoir sabordé l’«instrument qui a servi les intérêts du maintien de la paix et de la sécurité en Europe au cours des vingt dernières années».

Parmi les violations dénoncées par la Maison Blanche, un porte-parole du Pentagone, Jonathan Hoffman, a cité une interdiction aux avions alliés de s’approcher de plus de 500 km de l’enclave russe de Kaliningrad et de dépasser de 10 km la frontière entre la Russie et la Géorgie.

L’Otan tiendra une réunion d’urgence vendredi 22 mai.