Empoisonnement de Navalny : l’ONU exige une enquête approfondie

Les Nations unies ont demandé à la Russie de mener une enquête détaillée et indépendante sur l'empoisonnement de l'opposant russe Alexei Navalny. La Russie continue de nier toute implication dans cette affaire.

Une enquête « approfondie, transparente, indépendante et impartiale ». C’est ce que demande l’ONU aux autorités russes ce mardi 8 septembre après le possible empoisonnement d’Alexeï Navalny. La Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, évoque un « crime très grave » commis par la Russie.

Les médecins allemands, qui soignent l’opposant russe depuis son malaise le 20 août, ont confirmé « une intoxication par une substance du groupe des inhibiteurs de la cholinestérase », un agent neurotoxique de type Novitchok, conçu à l’époque soviétique à des fins militaires. Des produits extrêmement dangereux et difficiles à se procurer. « Cela soulève de nombreuses questions, a déclaré la Haut-Commissaire. Pourquoi utiliser des substances comme celles-ci? Qui les utilise? Comment les ont-ils obtenues? » 

En fin de journée, la France a décidé de reporter une réunion ministérielle franco-russe prévue le 14 septembre 2020. « Au regard des circonstances actuelles et après un échange avec les autorités russes, il a été décidé de reporter la réunion du Conseil franco-russe de coopération sur les questions de sécurité à une date ultérieure », a déclaré la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Agnès von der Mühll.

Le Kremlin nie toute implication

Aucune enquête formelle n’est menée en Russie et le Kremlin continue de nier son implication dans cette affaire. « Toute tentative d’associer la Russie de quelque manière que ce soit à ce qui s’est passé est inacceptable à nos yeux », a déclaré ce lundi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. Il dénonce des tentatives « absurdes » de nuire à la Russie.

Une posture qui commence à peser sur les relations entre la Russie et le reste de l’Europe. Les appels à sanctionner Moscou se multiplient. L’Allemagne a annoncé qu’elle pourrait retirer son soutien au Nord Stream 2, projet de gazoduc entre la Russie et l’Europe, si le pays ne fournit pas de réponses sur l’empoisonnement d’Alexeï Navalny.

Faire la lumière sur l’affaire

Les proches de l’opposant russe, qui assurent qu’il a été empoisonné, ne comptent pas baisser les bras. Le politologue russe Fiodor Kracheninnikov s’est adressé lundi soir aux autorités : « Tremblez, parce que, maintenant, c’est Navalny lui-même qui va s’occuper de l’enquête sur cet empoisonnement », relate Le Monde.

Alexeï Navalny, toujours hospitalisé en Allemagne, est sorti du coma ce lundi. Il réagit « à la parole » et va progressivement cesser d’être sous respirateur.