Haine en ligne : en quoi consiste le code de conduite signé par TikTok ?

TikTok vient d’adopter le code de conduite en ligne de l’UE contre la haine en ligne. Le réseau social chinois s'engage ainsi à mieux protéger les adolescents des abus en ligne et des discours de haine.

C’est l’application la plus prisée des adolescents, mais le contenu n’est pas toujours adapté aux plus jeunes. Pour pallier cette situation, TikTok, réseau social de partage de très courtes vidéos, annonce à l’Union européenne son intention de mieux protéger ses utilisateurs. L’application vient d’adopter le code de conduite de l’UE contre la haine en ligne, a annoncé ce mardi la vice-présidente de la Commission européenne Vera Jourova, qui souligne que « les jeunes utilisateurs sont particulièrement vulnérables aux abus en ligne et aux discours de haine illégaux ». « C’est bien que TikTok rejoigne ce code », a‑t-elle aussi salué dans un communiqué transmis à l’AFP. « TikTok (rejoint) un environnement coopératif où les entreprises des technologies de l’information travaillent avec les organisations de la société civile et les autorités publiques pour combattre la haine en ligne de façon plus efficace ». Mais en quoi consiste ce code de conduite et quels contenus sont concernés ? On fait le point. 

TikTok rejoint Facebook, Twitter et Youtube

En adoptant le code de conduite de l’UE contre la haine en ligne, TikTok s’engage à mieux réguler les contenus haineux de sa plateforme, à former des équipes de modérateurs, mais aussi à améliorer ses règlements. Elle promet également d’évaluer dans les 24 heures 90% des contenus signalés et de supprimer 71% des contenus considérés comme des discours de haine illégaux. TikTok rejoint ainsi les plus grands réseaux sociaux déjà signataires de ce code lancé en 2016, comme Facebook, Twitter et YouTube.

En juin dernier, la plateforme avait rejoint un autre code, celui des bonnes pratiques de l’UE sur les discours haineux en ligne et la désinformation. L’entreprise s’est alors engagée à évaluer rapidement les contenus de sa plateforme et à signaler, puis retirer, tout contenu illégal. 

Des contenus violents difficilement contrôlables

TikTok, application qui appartient au groupe chinois Bytedance, a vu le jour en 2017 a été téléchargée plus d’un milliard de fois. Sur ce réseau social, devenu l’un des plus prisés des adolescents, les internautes se filment en train de réaliser une chorégraphie, faire du play-back, relever des challenges divers ou présenter un sketch. L’objectif est de faire réagir leur communauté d’abonnés. Cependant, ces vidéos ne plaisent pas à tout le monde. 

Au-delà d’une critique récurrente sur ces contenus jugés parfois superficiels et aliénants, certaines vidéos sont également violentes. Ainsi, depuis dimanche soir, une vidéo d’un homme en train de se tirer une balle dans la tête circule, sans que l’entreprise n’ait réussi à la supprimer totalement de sa plateforme.

Une application controversée

En Europe, TikTok fait l’objet d’enquêtes concernant l’utilisation des données personnelles et le régulateur français s’interroge notamment sur les modalités de son implantation dans l’UE. Depuis des mois, les Etats-Unis accusent quant à eux l’application d’espionnage au profit de Pékin. Même si la société éditrice nie fermement ces accusations, le président américain Donald Trump a signé un décret obligeant ByteDance à vendre la partie américaine du réseau social avant le 15 septembre.