Procès Charlie Hebdo : la remise en liberté du principal suspect refusée

La Cour d'assises spéciale de Paris craint qu'Ali Riza Polat n'"entrave la poursuite des débats, en ne se présentant pas devant la cour" s'il était libéré.  

Il clame haut et fort son innocence, et affirme ne pas comprendre « ce [qu’il] fait dans le box des accusés » (AFP). Ali Riza Polat, 35 ans, est accusé d’avoir joué un rôle central dans l’organisation des attentats de Charlie Hebdo et de l’Hypercacher. Plus important encore, il est le seul suspect poursuivi pour complicité des frères Kouachi. Il aurait fourni à Amedy Coulibaly l’arsenal utilisé le 10 janvier 2015.

Retour à la case prison

Depuis cinq ans et demi, Ali Riza Polat est en détention provisoire. Il a fait hier la demande de retrouver la liberté dans l’attente d’une éventuelle condamnation. Ce mardi matin, la cour d’assises a rejeté sa requête. Ali Riza Polat retrouvera dès ce soir ses geôliers car le Président de la Cour juge qu’il y a « lieu de craindre par sa demande de mise en liberté qu’Ali Riza Polat cherche à entraver la poursuite des débats, en ne se présentant pas devant la cour ». 

Menaces devant la Cour

Dans le box des accusés, les déclarations d’Ali Riza Polat laisseront une marque sur le procès des attentats de janvier 2015. L’homme proche d’Amedy Coulibaly fanfaronne et se risque à brandir des menaces : « Quand je sortirai de prison, je ferai du banditisme, encore plus. Je vais faire pire » (AFP).

La cour d’assises doit entendre dans l’après-midi les témoignages de six rescapés de l’attaque contre Charlie Hebdo, qui a fait dix morts au sein du journal, dont les dessinateurs emblématiques Charb, Cabu et Wolinski.