Procès Charlie Hebdo : les témoignages glaçants des employés de la rédaction

Les rescapés de l'attaque de Charlie Hebdo, survenue en janvier 2015, ont témoigné ce mardi 8 septembre 2020 devant la cour d'assises spéciale de Paris pour ce quatrième jour d'un procès historique.

Au lendemain de la diffusion d’images et de vidéos chocs de l’attaque survenue dans les locaux de Charlie Hebdo, les rescapés ont été entendus par la cour d’assises spéciale de Paris. Certains témoignages, poignants, ont marqué cette quatrième journée d’un procès historique.

“J’attendais qu’il me tue”. Sigolène Vinson, chroniqueuse judiciaire à Charlie Hebdo livre une vision d’horreur à l’audience : “J’avais accepté de mourir ce jour-là et je me suis dit ‘C’est mon tour’, je pensais qu’une balle dans la tête ce serait très rapide, j’avais tout lâché, je n’avais plus de peur, j’attendais qu’il me tue”. 

Elle poursuit : “Je me suis reculée, j’ai enjambé les corps, j’ai pris mon téléphone, j’ai appelé les pompiers, j’ai dit ‘Ils sont tous morts, ils sont tous morts’. J’ai vu un bras se lever ‘Non, moi je suis pas mort’, c’était Fabrice”, a‑t-elle encore détaillé.

La dessinatrice Coco délivre un témoignage tout aussi douloureux. Le matin du 7 janvier 2015, les terroristes “ont surgi du couloir au moment où on arrivait dans la cage d’escalier”, narre-t-elle. “Nous avons monté l’escalier, en moi une détresse absolue d’avoir ces deux hommes qui me menacent de leurs armes, une menace de mort permanente dès le début”, confie Coco. “J’étais comme dépossédée de moi-même, j’arrivais plus à rien. J’ai avancé vers le code et je l’ai tapé et je sentais que les terroristes approchaient de leur but, je sentais une excitation à côté de moi”.

“On a eu tout le monde.” Laurent Léger, journaliste présent dans la rédaction le jour de l’attaque : “Je me prépare à être tué puisqu’ils ont tué tout le monde. J’entends un terroriste qui dit “on a eu tout le monde”. J’ai vu des corps tomber, sans savoir distinctement lesquels.
“Toi tu restes là.” Angélique Le Corre travaillait pour Charlie Hebdo depuis 1996  : “L’un des deux hommes était devant moi avec son arme vers moi. L’autre a attrapé Coco violemment. Il lui parlait mais je ne comprenais rien à ce qu’il se passait.