“Un CDI, c’était inespéré”, malgré l’épidémie, ces jeunes ont trouvé du travail

Depuis fin février, Pôle Emploi compte 560 000 chômeurs de plus. Un chiffre qui donne le tournis et affecte surtout les jeunes. Pourtant, malgré la crise certains parviennent à décrocher un CDI, saint-graal des contrats. 

Eux ne feront pas partis des 9,5 % de chômeurs prévus à l’hiver, selon les données de l’Insee publiées ce mardi 8 septembre. Alors que depuis le confinement s’enchaînent les mauvaises nouvelles sur le front de l’emploi — principalement chez les moins de 35 ans  — de jeunes actifs sont pourtant nombreux sur les réseaux sociaux à se réjouir d’avoir signé un CDI en dépit la crise. Dessinateur industriel, travailleuse sociale, ou encore consultant en business intelligence, ces salariés ont peu, voire pas du tout, connu le chômage et ont obtenu leur précieux sésame en ces temps tourmentés. Témoignages.

Edwin, 24 ans, en CDI avant de terminer l’école

Edwin, 24 ans, est fraîchement diplômé de l’EDHEC Business School et déjà en poste chez Amazon : “C’est mon premier travail, je viens juste d’être diplômé en juin.” Anticipant la crise, le jeune homme s’est mis à la recherche d’un emploi avant même la fin de ses cours : “J’ai passé pas mal d’entretiens pendant le confinement, je dirais une dizaine. On est revenu vers moi deux fois pour me dire que les recrutements étaient annulés à cause de la Covid-19, mais dans la dizaine, heureusement il y a un qui s’est bien terminé !”

Edwin a signé son premier CDI en mai avant même de terminer ses cours. Mais le jeune homme est tout de même inquiet : “Comme j’avais eu deux refus dû au Covid-19 et deux amis qui ont eu la même expérience, je m’étais vraiment assuré avec Amazon. Je leur ai demandé plusieurs fois si c’était sûr et si ça n’allait pas être annulé. Mais ils m’ont fait signer les papiers au plus vite, de sorte qu’en cas de problème, je ne sois pas impacté.” Depuis son embauche il ne fait que du télétravail et devra attendre le mois de janvier pour rencontrer ses nouveaux collègues. Mais cette situation convient plutôt bien au jeune employé qui a pu rester à Lille, auprès de sa famille.

Hélène, 28 ans, travailleuse sociale : “Je n’y croyais pas du tout”

A 28 ans, Hélène en a déjà vu de toutes les couleurs : elle a enchaîné les CDD pendant presque un an dans son entreprise, puis le confinement est arrivé. “On m’a fait comprendre qu’il n’y avait pas de financement pour me prolonger.” La jeune femme vient alors de déménager et vit toute seule. “Je n’y croyais pas du tout, car je me disais qu’avec la Covid-19 je n’aurais pas de boulot avant septembre et en plus un CDI, c’était inespéré !” Pourtant, dès le mois de juin l’inespéré se produit : Hélène est désormais en contrat au poste de conseillère en économie sociale et familiale à Avignon.

La jeune femme sait qu’elle est privilégiée, par rapport à la situation de ses anciennes collègues. “Beaucoup ont énormément de mal à trouver ou à se maintenir là où elles travaillent actuellement, comme j’ai pu le vivre. Je pense que pour tout le monde ce n’est pas une période facile, donc quand on trouve un boulot et en plus qui nous convient…” Elle le sait, elle est “chanceuse”. 

Astrid, 26 ans, un contrat durement acquis

Après son master en ressources humaines, Astrid a trouvé un premier emploi en intérim en janvier 2019. Mais, pas de chance, il prend fin en décembre, au moment où la Covid-19 commence à faire parler d’elle en Chine. La jeune femme se retrouve pour la première fois au chômage, mais retrouve tout de même un CDI peu de temps après. Sauf qu’il dure… quatre jours. “J’ai commencé en télétravail (…) et ma cheffe m’a dit que finalement, ils ne pourront pas me garder parce qu’ils ont des soucis financiers. Alors que pas du tout, c’est une grande entreprise dans l’électroménager…”

Pour Astrid, c’est la douche froide et son inquiétude grandit. “Je vis avec mon copain et quand il est retourné au travail, je me sentais vraiment seule.” Malgré le contexte, la Parisienne ne relâche pas ses efforts pour trouver un travail. “Tous les matins je me levais à 9h pour regarder les offres d’emploi et postuler. J’ai eu beaucoup de refus après le confinement, car beaucoup d’entreprises avaient du mal à faire face, mais à aucun moment je me suis dit: J’arrête. Je ne voulais vraiment pas rester dans cette situation.” A la sortie du confinement, elle postule à une offre Linkedin et son profil retient finalement l’attention du recruteur. L’acharnement d’Astrid a porté ses fruits : aujourd’hui la jeune femme a un CDI en poche en tant qu’assistance en ressources humaines dans le secteur médical.

Samuel Creitz, 20 ans et déjà en CDI 

Il y en a d’autres qui n’ont quasiment pas eu chercher de travail, comme Samuel. A seulement 20 ans, le jeune homme originaire de Mantes-la-Jolie vient de décrocher son premier emploi en tant que dessinateur industriel et en plus en CDI : “J’avais appelé plusieurs sociétés avant la fin de mon apprentissage et je me disais que déjà, en temps normal, ils ne veulent pas prendre des jeunes qui sortent de BTS car dans ce métier il faut avoir de l’expérience. Avec en plus le Covid, je flippais, car plus ça allait et plus je voyais la fin de mon contrat d’apprentissage arriver.” Heureusement, parmi les trois sociétés auxquelles Samuel postule, une d’entre elles le rappelle grâce à la recommandation d’un ami qui y travaille. “J’ai signé ma promesse d’embauche il y a deux jours et je commence le 5 octobre”. Comme quoi, l’espoir demeure. Même si le jeune homme est conscient qu’il a eu “plus de chance que d’autres, en ces temps difficiles”.